SYRIE

En Syrie, les forces kurdes laissent la place aux patrouilles russes et syriennes

À Qamishli, un groupe de policières kurdes monte la garde lors d'une manifestation contre le gouvernement turc, mercredi 23 octobre 2019.
À Qamishli, un groupe de policières kurdes monte la garde lors d'une manifestation contre le gouvernement turc, mercredi 23 octobre 2019. Muhammad Hamed, Reuters

Au lendemain de l'incursion russe en Syrie, les forces kurdes qui occupaient la frontière avec la Turquie ont abandonné leurs positions, laissant ainsi cette zone aux mains des armées russe et syrienne.

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Moins de vingt-quatre heures après l’entrée de l’armée russe dans le nord de la Syrie, les forces kurdes syriennes ont quitté, jeudi 24 octobre, les positions qu’elles tenaient depuis des années le long de la frontière avec la Turquie. L’accord russo-turc, signé mardi, prévoyait leur départ, mettant ainsi un terme à leurs rêves d’autonomie.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance menée par des combattants kurdes, ont quitté jeudi matin plusieurs positions situées dans l'est du pays, près de la frontière.

"Les FDS se sont retirées de positions comprises entre Derbassiyeh et Amouda, dans la région de Hassaké", a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH.

Des combattants des YPG toujours présents

L'armée russe continue de son côté les patrouilles qui ont débuté mercredi le long de la frontière, remplissant le vide laissé par le retrait soudain des troupes américaines de ce secteur du nord de la Syrie.

Allié de Moscou, le régime de Damas a également déployé ses troupes dans la zone, l'accord russo-turc permettant au président Bachar al-Assad de réinvestir une partie importante du territoire qui lui échappait.

En revanche, selon Rami Abdel Rahmane, des combattants de la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG, principale composante des FDS, considérée comme "terroriste" par Ankara) demeurent présents en de nombreux points de la bande frontalière syro-turque qui s'étend au total sur quelque 440 km. 

"Sans tirer un coup de feu"

Les Kurdes, qui avaient établi une autonomie dans le nord et le nord-est de la Syrie à la faveur du conflit, s'inquiètent de représailles armées turques et d'un déplacement forcé de populations pour permettre le retour d'une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens ayant fui en Turquie.

"L'objectif de la Turquie est de tuer, de chasser les Kurdes et de les placer sous occupation", a assuré mercredi à l'AFP un responsable de l'administration kurde à Qamichli, la seule grande ville contrôlée par les Kurdes, exclue de l'accord sur la zone frontalière.

La situation profite aussi largement au président Assad, qui "récupère un tiers de son territoire sans tirer un coup de fusil", explique à l'AFP Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie.

Le régime de Damas marque un point décisif en récupérant une partie du nord-est, où se trouvent certains des principaux puits de pétrole et des zones agricoles fertiles.

Une réunion des pays de l’Otan doit avoir lieu jeudi, la première depuis le lancement par la Turquie de son offensive militaire contre les Kurdes, le 9 octobre. L'organisation doit discuter d'une initiative allemande de création d'une "zone de sécurité sous contrôle international" dans le nord de la Syrie.

Avec AFP

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