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BOLIVIE

Présidentielle en Bolivie : la victoire d'Evo Morales confirmée, les résultats contestés

Evo Morales le 15 octobre 2019 à Santa Cruz.
Evo Morales le 15 octobre 2019 à Santa Cruz. David Mercado, Reuters
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Le président sortant Evo Morales a été déclaré vainqueur de la présidentielle en Bolivie dès le premier tour. Son opposant Carlos Mesa conteste ces résultats et plusieurs organisations internationales demandent un audit.

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Le Tribunal électoral suprême (TSE) a annoncé vendredi 25 octobre la victoire d'Evo Morales dès le premier tour de l'élection présidentielle en Bolivie, confirmant ainsi les premiers résultats donnés la veille. Il a obtenu 47,08 % des voix, contre 36,51 % pour Carlos Mesa. Il dispose donc des dix points d'avance nécessaires pour être élu dès le premier tour.

La veille, le principal candidat de l'opposition, Carlos Mesa, avait rejeté les premiers résultats donnant la victoire à son rival et avait appelé ses partisans à continuer de manifester tant que les résultats officiels ne seraient pas publiés. Il accuse Evo Morales de fraude électorale et demande l'officialisation de la tenue d'un second tour.

Des manifestants se sont réunis vendredi pour exiger le "respect de leur vote". Ils ont bloqué des rues dans le sud de La Paz, érigeant des barricades avec des pneus, des cordes et des poubelles. À Cochabamba, dans le centre, dans un climat plus tendu, des partisans du gouvernement et de l'opposition s'affrontaient à coups de bâton et de jets de pierres, selon les médias locaux.

L'OEA demande un audit

L'Union européenne a réagi en appelant, jeudi, à "mettre un terme au processus de dépouillement en cours" et a recommandé "la tenue d'un second tour pour rétablir la confiance" dans ces élections.

De leur côté, les États-Unis, le Brésil, l'Argentine et la Colombie ont demandé qu'un second tour ait lieu si l'Organisation des États américains (OEA) ne confirmait pas le résultat du premier tour. Une instance qui s'est prononcée, vendredi, en faveur d'un audit sur les résultats controversés. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, soutient cet audit et il a demandé au gouvernement et à l'opposition "d'observer la plus grande retenue" dans l'attente des conclusions de cette expertise.

La mission d'observation de l'OEA, présente en Bolivie pour le scrutin, avait fait part jeudi de sa "surprise" et de son "inquiétude" face au revirement du décompte. Elle a recommandé un second tour après que le TSE a interrompu de manière inattendue les projections sur son site quand un second tour entre Evo Morales et Carlos Mesa se profilait après dépouillement de 84 % des bulletins de vote.

Quand le TSE a repris son décompte, lundi, Morales était donné en tête avec une marge supérieure au seuil des 10 points de pourcentage nécessaires pour être élu au premier tour, engendrant des incidents dans plusieurs bureaux électoraux et des heurts entre manifestants et forces de l'ordre.

Morales dénonce un putsch

Evo Morales, au pouvoir depuis 2006, a qualifié son principal rival de "criminel" et s'en est pris aux observateurs de l'OEA qui ont exprimé de "sérieux doutes" sur le processus électoral. Le dirigeant socialiste, qui brigue un quatrième mandat, a accusé l'opposition de droite de fomenter un putsch.

Le mouvement de contestation constitue le plus important défi auquel fait face Evo Morales, qui a mené le pays à une prospérité économique sans précédent, mais s'est attiré des critiques pour avoir défié les résultats du référendum national de 2016 sur la limitation de la fonction présidentielle à deux mandats.

Le président bolivien bénéficie de forts soutiens dans la région. Cuba, le Venezuela et le Mexique ont ainsi félicité Evo Morales pour sa réélection. Et le président vénézuélien Nicolas Maduro, en déplacement en Azerbaïdjan, a dénoncé vendredi une "tentative de coup d'État" et appelé à "reconnaître la légitimité de la victoire d'Evo Morales".

"Mesa, c'est le Guaido des Andes", a estimé Juan Ramon Quintana, un des ministres d'Evo Morales, en référence au chef de l'opposition vénézuélienne, Juan Guaido, reconnu comme président par intérim du Venezuela par une cinquantaine de pays, dont les États-Unis.

Avec Reuters

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