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Yémen : accord entre le gouvernement et les séparatistes sudistes sur le partage du pouvoir

Des combattants séparatistes à Aden, dans le sud du Yémen, le 29 août 2019.
Des combattants séparatistes à Aden, dans le sud du Yémen, le 29 août 2019. Fawaz Salman, Reuters

Le gouvernement et les séparatistes, qui réclament l'indépendance du sud du Yémen, sont parvenus, vendredi, à un accord sur le partage du pouvoir. En vertu de ce texte, le chef de l'État, en exil en Arabie saoudite, devra rentrer à Aden.

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Un accord entre le gouvernement et les séparatistes du sud du Yémen a été conclu. Des responsables ont annoncé, vendredi 25 octobre, avoir rédigé un texte parrainé par l’Arabie saoudite. Celui-ci leur permettra de partager le pouvoir dans le sud et de mettre fin à leur conflit, dans un pays dévasté par une guerre aux fronts multiples.

Les séparatistes sudistes sont, en principe, alliés des forces progouvernementales dans la guerre livrée depuis 2014 contre les rebelles houthis, venus du Nord et soutenus par l’Iran.

Ces derniers mois, des combats meurtriers ont toutefois eu lieu entre les forces loyalistes et les séparatistes qui réclament l’indépendance du sud du Yémen.

Signature au plus tard le 29 octobre

Selon un responsable au sein du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, "la signature (de l’accord) aura lieu au plus tard mardi (29 octobre)", en présence du président Abd Rabbo Mansour Hadi et du chef du Conseil de transition du Sud (STC) Aidarous al-Zoubaïdi, selon cette même source.

"Nous avons signé la version finale de l'accord et nous attendons la signature conjointe dans quelques jours", a de son côté confirmé un responsable au sein du STC, représentant les séparatistes sudistes.

En vertu de cet accord, le nouveau gouvernement devra intégrer des ministres issus du STC et revenir à Aden. Le gouvernement actuel, celui du président Hadi, est actuellement en exil à Riyad (Arabie saoudite).

Menée par l’Arabie saoudite et ses alliés, en particulier les Émirats arabes unis, une coalition militaire intervient depuis 2015 pour appuyer les forces progouvernementales contre les houthis qui se sont emparés de pans entiers du territoire, notamment la capitale Sanaa en 2014.

Dans le sud, Aden, devenue la capitale provisoire du pays, a été le théâtre cet été d'un nouveau front dans la guerre opposant les forces loyales au gouvernement et les séparatistes du STC qui ont pris le contrôle de la ville.

Coalition affaiblie

Depuis des années, le gouvernement est accusé par les séparatistes sudistes de les discriminer et de répartir injustement les richesses du pays, le plus pauvre de la péninsule arabique. Le sud du Yémen fut indépendant jusqu’à l’unification, en 1990, du Sud et du Nord du Yémen.

En août dernier, les troupes gouvernementales ont perdu le contrôle de la quasi-totalité du Sud au profit des séparatistes. Face aux combats qui ont affaibli sa coalition, l’Arabie saoudite a proposé un dialogue interyéménite pour apaiser les tensions. Un différend qui a également mis à mal l’alliance au sein de la coalition anti-houthis, en particulier entre ses deux piliers que sont l’Arabie saoudite et les Émirats.

Le gouvernement yéménite a alors accusé les Émirats de soutenir les séparatistes, dont les combattants forment les unités du "Cordon de sécurité", une force entraînée par Abou Dhabi.

En octobre, des positions clés dans la ville d’Aden et la province de Lahej ont été remises aux forces saoudiennes par les Émiratis pour tenter de désamorcer la crise interne à la coalition.

Le conflit dans le Sud a aggravé la situation pour les civils dans un pays où la guerre a provoqué la pire crise humanitaire au monde, selon les Nations unies. Des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils ont été tuées dans la guerre, selon diverses organisations humanitaires.

Toujours selon l’ONU, environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'assistance.

Avec AFP

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