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En colère contre les propos de Bensalah, les Algériens restent mobilisés dans la rue

Un manifestant brandissant une pancarte – "Ma voix est sacrée, comme ma dignité et ma liberté" –, le 25 octobre 2019.
Un manifestant brandissant une pancarte – "Ma voix est sacrée, comme ma dignité et ma liberté" –, le 25 octobre 2019. Ryad Kramdi, AFP

Les Algériens ont manifesté massivement vendredi pour la trente-sixième semaine consécutive. Les propos d'Abdelkader Bensalah assurant jeudi à Vladimir Poutine que la situation était "sous contrôle" a attisé la colère des contestataires.

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Les Algériens ne désarment pas. À la veille de l'expiration du délai de dépôt des candidatures pour l'élection présidentielle du 12 décembre, ils ont manifesté massivement vendredi 25 octobre contre le pouvoir, aiguillonnés par des propos polémiques du chef de l'État par intérim.

Les rues du centre d'Alger étaient noires de monde pour ce 36e vendredi consécutif de contestation contre le "système" au pouvoir depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962 et contre la présidentielle destinée à élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission le 2 avril par les manifestations. "Il n'y aura pas de vote", proclamait une pancarte portée par un manifestant.

"Poubelle de l'Histoire"

Dessinée sur la pancarte, une botte figurant le peuple envoie le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, homme fort du pays depuis le départ d'Abdelaziz Bouteflika, rejoindre le président par interim Abdelkader Bensalah et le Premier ministre Noureddine Bedoui dans une "poubelle de l'Histoire".

"Il y a beaucoup de monde dans les rues d'Alger", avec "toujours la même détermination", s'est réjoui Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme (LADDH), présent dans le cortège algérois, qui s'est dispersé dans le calme en fin d'après-midi.

Entré mardi dans son neuvième mois, le Hirak "se renforce au fur et à mesure que nous approchons de la présidentielle", a-t-il expliqué à l'AFP.

Désormais, selon lui, "un vrai bras de fer" est engagé entre le pouvoir, qui entend mettre fin à la crise avec le scrutin du 12 décembre, et le mouvement populaire qui refuse qu'Abdelkader Bensalah, le général Gaïd Salah et Nourredine Bedoui, ex-fidèles de Bouteflika, organisent des élections.

Candidats du "système"

Faute de candidats, le pouvoir avait dû annuler le précédent scrutin présidentiel, prévu le 4 juillet pour clore les trois mois d'intérim constitutionnel d'Abdelkader Bensalah.

Cette fois-ci, deux candidats issus du "système" ont déjà déposé leur dossier à l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie), nouvel organisme censé garantir la transparence et l'équité du scrutin.

Et cinq autres candidats ont pris rendez-vous avec l'Anie d'ici la fin du délai de dépôt des candidatures, qui expire samedi à minuit (23 h GMT), selon l'institution.

Ancien ministre d'Abdelkader Bouteflika, Azzedine Mihoubi a été le premier, mercredi, à déposer sa candidature au nom du Rassemblement national démocratique (RND), qui fut l'un des principaux soutiens du chef de l'État jusqu'à sa chute.

M. Mihoubi a pris la tête du RND après l'incarcération du très impopulaire Ahmed Ouyahia, trois fois Premier ministre d’Abdelkader Bouteflika et visé par des enquêtes pour corruption présumée.

L'islamiste Abdelkader Bengrina, ancien ministre, a déposé sa candidature le lendemain, au nom d'El-Bina. Ce petit parti est membre d'une coalition islamiste, dont l'un des membres a été élu en septembre à la présidence de l'Assemblée nationale, grâce aux voix du RND et du Front de libération nationale (FLN) de M. Bouteflika, détenteurs de la majorité absolue.

"Humiliation"

Vendredi, les manifestants ont troqué la cible habituelle de leurs slogans – l'omniprésent général Gaïd Salah – par l'effacé Abdelkader Bensalah.

Diffusées par la chaîne RT (ex-Russia Today), ses déclarations jeudi au président Vladimir Poutine, qu'il "tient à rassurer" sur la situation "sous contrôle" en Algérie et qui minimisent l'ampleur de la contestation, ont enflammé les réseaux sociaux algériens et le "Hirak".

"Les propos de Bensalah devant Poutine ont été ressentis comme une humiliation du peuple et de l'Algérie", explique Saïd Salhi, de la LADDH.

En février déjà, au début du Hirak, les manifestants affirmaient avoir été poussés à descendre dans la rue par "l'humiliation" ressentie face à l'entêtement de Bouteflika, octogénaire affaibli par la maladie, à se représenter après déjà 20 ans passés au pouvoir.

Vendredi, des cortèges ont également réuni, sans incident, des foules importantes dans plusieurs autres villes du pays, selon les témoignages et images postés sur les réseaux sociaux.

Comme à Alger, les manifestants ont réclamé en outre la libération de la centaine de "détenus d'opinion", manifestants, militants ou journalistes, incarcérés depuis juin pour des faits liés au "Hirak".

Arrêtés respectivement mercredi et jeudi, le rédacteur en chef d'un quotidien local, Mustapha Bendjama, et un militant de la LADDH, Kadour Chouicha, ont été relâchés jeudi.

Avec AFP

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