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Bolivie : plus de 30 blessés dans des heurts entre partisans et adversaires d'Evo Morales

Des manifestants jetant des pierres lors d'affrontements entre partisans et adversaires du président Evo Morales, le 28 octobre 2019, à Cochabamba au sud-est de La Paz.
Des manifestants jetant des pierres lors d'affrontements entre partisans et adversaires du président Evo Morales, le 28 octobre 2019, à Cochabamba au sud-est de La Paz. Danilo Balderrama, Reuters

Près d'une semaine après la réélection controversée d'Evo Morales face à Carlos Mesa, partisans et adversaires du président bolivien se sont affrontés à La Paz. Plus de 30 personnes ont été blessées.

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Une trentaine de personnes ont été blessées, en Bolivie, dans des démonstrations de force des partisans et adversaires d'Evo Morales. Ce dernier a été réélu, officiellement le 25 octobre, avec plus de dix points d'avance sur son adversaire, Carlos Mesa.

Les opposants au président avaient prévenu qu'ils feraient de cette semaine un moment décisif, répondant à l'appel de Carlos Mesa, à envahir la capitale.

La contestation a ainsi gagné La Paz dès le matin. Des barricades ont été dressées par les riverains pour entraver la circulation dans le sud de la ville, à Achumani, sur l'une des artères principales. Des actions ayant entraîné des échauffourées entre chauffeurs de bus et manifestants d'opposition, selon des médias boliviens.

"C'est ou la prison ou la présidence"

De nombreux partisans d'Evo Morales s'étaient eux aussi mobilisé. Le président socialiste, au pouvoir depuis 2006 et réélu dès le premier tour pour un quatrième mandat, avait averti que l'opposition préparait "un coup d'État".

"C'est le dernier jour pour eux demain", a-t-il déclaré lundi soir lors d'un discours devant une assemblée de plusieurs milliers de personnes, à El Alto, ville voisine de La Paz.

De son côté, Carlos Mesa, opposant d'Evo Morales a assuré que "les mobilisations démocratiques et pacifiques continueraient. "C'est ou la prison ou la présidence", a-t-il ajouté lors d'une gigantesque manifestation sur une autoroute au sud de la capitale.

Plus de 30 blessés ont été décomptés dans trois villes du pays, notamment à Santa Cruz où les incidents ont été les plus violents. Une personne l'a été plus grièvement, atteinte par balle selon un responsable local de la Santé publique. À Cochabamba, quatre personnes ont été blessées, selon le quotidien Opinion, et une autre à La Paz, rapportaient les médias boliviens.

"Ces gens sont achetés, on les paye pour venir"

Toute la journée de lundi, des détonations ont fait trembler les vitres des immeubles. Des milliers de mineurs acquis au président ont défilé en faisant éclater de petits explosifs.

Leur cortège, dans lequel on apercevait de nombreux drapeaux andins, le whipala, ainsi que des Boliviennes en jupes traditionnelles amérindiennes, coiffées du "bombin", était sifflé par les "cols blancs" qui sortaient de leurs bureaux et invectivaient depuis le trottoir les manifestants.

"Nous, nous venons de la campagne. Mais on veut qu'on respecte notre vote, qu'on respecte la démocratie, sans violence", a déclaré Guillermina, agricultrice de 46 ans venue de l'altiplano. "Mesa cherche à nous diviser, à semer la discorde entre frères."

"Mesa, ordure ! Le peuple a la rage", clamaient les mineurs, parmi lesquels Marta, 54 ans, venue "manifester pour la démocratie et défendre son vote".

"Ces gens sont achetés, on les paye pour venir", affirme quant à elle Sandra , commerciale de 50 ans qui déclare ne pas soutenir "cette démonstration organisée par le gouvernement".

Dans d'autres quartiers, derrière des barricades faites de palettes, de gravats ou de meubles, les deux camps se sont affrontés, portant souvent des casques, armés de bâtons, se lançant des pierres, selon les images des télévisions. Face à eux, la police répliquait par des jets de gaz lacrymogènes.

Avec AFP

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