CHILI

De nouveaux heurts au Chili malgré le remaniement ministériel

Un manifestant arrêté par la police anti-émeutes à Santiago, le 28 octobre 2019.
Un manifestant arrêté par la police anti-émeutes à Santiago, le 28 octobre 2019. Pablo Sanhueza, Reuters

Le président chilien Sebastian Piñera a procédé comme prévu, lundi, au remaniement de son gouvernement. Une mesure qui n'a pas calmé la rue puisque de nouvelles violences ont éclaté dans la capitale Santiago.

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La colère sociale ne connaît pas l'apaisement au Chili, malgré le remaniement mis en œuvre lundi 28 octobre par le président Sebastian Piñera. Quelques heures à peine après les déclarations du chef de l'État, de nouvelles violences entre manifestants et forces de l'ordre avaient lieu dans le centre de la capitale, non loin du palais présidentiel de La Moneda.

Un rassemblement pacifique de plusieurs milliers de personnes sur la Plaza Italia, devenue l'épicentre des manifestations, a progressivement laissé place à de violents heurts, alors que des groupes de protestataires radicaux souhaitaient se rendre jusqu'au siège du gouvernement. "Pinera démission!", criaient les manifestants que la police tentait de contenir à coups de gaz lacrymogène et de lances à eau. Quelques commerces ont été pillés, tandis qu'un violent incendie a touché un immeuble abritant un centre commercial, plusieurs boutiques et un hôtel, rappelant les violences qui avaient éclaté aux premiers jours de la contestation le 18 octobre.

Quelques affrontements ont également été rapportés par les médias locaux dans les villes de Concepcion (centre) et Valparaiso, où se trouve le siège du Parlement.

Le rétablissement de l'état d'urgence exclu

"Il ne s'agit pas de gens qui veulent la justice sociale, qui veulent que les choses aillent mieux, ce sont des gens qui veulent la destruction, le chaos", a réagi Karla Rubilar, la nouvelle porte-parole du gouvernement, qui a toutefois exclu un rétablissement de l'état d'urgence, levé depuis dimanche à minuit.

Comme annoncé dès samedi, huit ministres ont été remplacés, soit un tiers du gouvernement. "Ces mesures ne résolvent pas tous les problèmes, mais il s'agit d'un premier pas important", a déclaré Sebastian Piñera. "Elles reflètent la ferme volonté de notre gouvernement et l'engagement fort de chacun d'entre nous en faveur d'un Chili plus juste et plus équitable sur le plan social", a ajouté le président conservateur.

Parmi les sortants figure le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Andrés Chadwick. Ce cousin de Sebastian Piñera faisait l'objet de vives critiques depuis le début de la crise qui a fait 20 morts, dont cinq par suite de l'intervention des forces de sécurité, et des centaines de blessés.

"Les durs s'en vont, les doux entrent"

Outre le ministre des Finances, Felipe Larrain, son homologue à l'Économie, Andrés Fontaine, a également été remplacé. Il avait suscité l'ire de la population en lui conseillant de "se lever plus tôt" pour éviter la hausse du tarif du ticket de métro appliquée aux heures de pointe. Cette augmentation de plus de 3 % a été le détonateur de la plus grave fronde sociale depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

>> À lire aussi : Au Chili, une mobilisation contre l'héritage économique de la dictature de Pinochet

Avec ce remaniement, "les durs s'en vont, les doux entrent", a résumé à l'AFP Mauricio Morales, politologue à l'Université de Talca, une référence au remplacement des ministres les plus conservateurs par une génération plus jeune et considérée comme plus ouverte aux préoccupations sociales. "Il n'y a aucun signe montrant qu'ils souhaitent opérer un changement", a critiqué pour sa part le sénateur socialiste d'opposition, Carlos Montes.

Une mission de l'ONU est attendue mardi au Chili, selon un nouveau calendrier annoncé par le gouvernement, pour enquêter sur des allégations de violations des droits de l'Homme, en particulier pendant l'état d'urgence. Une mission d'Amnesty international est d'ores et déjà sur place.

Avec AFP

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