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La Chambre des représentants reconnaît le génocide arménien, une "insulte" pour Erdogan

Le capitole à Washington, siège du Congrès américain.
Le capitole à Washington, siège du Congrès américain.

Aux États-Unis, la Chambre des représentants a reconnu formellement mardi le génocide des Arméniens, lors d'un vote symbolique inédit. Une mesure qui "n'a aucune valeur" pour le président turc Recep Tayyip Erdogan.

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Jamais en 35 ans une telle législation n'avait été examinée en séance plénière à la Chambre. Les représentants américains ont adopté, mardi 29 octobre à une majorité écrasante de 405 voix sur 435, un texte reconnaissant comme un génocide les massacres d'Arméniens perpétrés sous l'Empire ottoman il y a plus d'un siècle.  Le résultat du vote a été accueilli par des applaudissements dans l’hémicycle.

Dans la foulée de ce vote, les élus des deux partis ont adopté à la Chambre un texte demandant au président Donald Trump d'imposer des sanctions contre la Turquie pour son offensive dans le nord de la Syrie.

Aucun vote sur ces textes n'est toutefois programmé pour le moment au Sénat, contrôlé par les républicains, alors que ces mesures sont à même d'attiser les tensions entre les États-Unis et la Turquie.

"Actes barbares"

"Trop souvent, de manière tragique, la réalité de ce crime abominable a été niée. Aujourd'hui, nous disons clairement, dans cet hémicycle, afin que ce soit gravé dans le marbre des annales du Congrès : les actes barbares commis contre le peuple arménien constituent un génocide", a lancé la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi.

La star américaine de téléréalité Kim Kardashian avait dans la matinée appelé sur Twitter le Congrès à "passer à l'acte". Selon les estimations, entre 500 000 et 1,5 million d'Américains ont, comme elle, des origines arméniennes.

Le Congrès américain s'est refusé pendant des décennies à adopter un texte reconnaissant le génocide des Arméniens, par crainte de compliquer les relations avec Ankara et du fait d'un lobbying intense de la part du gouvernement turc.

La Turquie en colère

Celui-ci a réagi dans la foulée du vote par la voix du ministère des Affaires étrangères, qui a dénoncé la résolution adoptée à la Chambre des représentants américaine comme une mesure "dénuée de toute base historique ou légale". "Mesure politique insignifiante, ses seuls destinataires sont le lobby arménien et les groupes anti-Turquie", dit la diplomatie turque dans un communiqué.

Le président turc s'est lui exprimé mercredi à la mi-journée. "Je m'adresse au public américain et au reste du monde : cette mesure n'a aucune valeur, nous ne la reconnaissons pas", a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours devant les députés de son parti à Ankara.

"Dans notre foi (musulmane), le génocide est interdit (...). Nous voyons cette accusation comme la plus grande insulte qui soit à notre nation", a ajouté le président turc.

S'agissant de la résolution demandant des sanctions contre Ankara, le ministère turc des Affaires étrangères dénonce un texte "incompatible avec l'esprit de notre alliance au sein de l'Otan" et en contradiction avec l'accord de cessez-le-feu pour le nord de la Syrie, conclu le 17 octobre entre les gouvernements turc et américain.

La Turquie a également convoqué mercredi l'ambassadeur américain à Ankara,  David Satterfield, pour protester contre cette reconnaissance.

De son côté, le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a "salué le vote historique du Congrès américain reconnaissant le génocide arménien". Et de juger que cette résolution "est un pas audacieux vers la vérité et la justice historique, qui offre également un réconfort à des millions de descendants des survivants du génocide arménien", a-t-il tweeté.

L'Arménie, soutenue par de nombreux historiens et Parlements mondiaux, estime à 1,5 million le nombre de victimes tuées de manière systématique entre 1915 et 1917 à la fin de l'Empire ottoman, qui est aujourd'hui l'est de la Turquie.

Avec Reuters et AFP

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