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Afghanistan : la CIA couvre les exactions de milices secrètes, dénonce HRW

Obsèques des 13 victimes des frappes aériennes dans la province afghane de Nangarhar, le 12 janvier 2018.
Obsèques des 13 victimes des frappes aériennes dans la province afghane de Nangarhar, le 12 janvier 2018. Noorullah Shirzada, AFP

La CIA soutiendrait l'action de groupes paramilitaires afghans qui exécutent et terrorisent des populations en Afghanistan, rapporte Human Rights Watch. L'ONG dénonce des "violations graves" allant jusqu'au crime de guerre.

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En Afghanistan, des groupes paramilitaires soutenus par l'Agence centrale de renseignement américaine (CIA) et opérant en toute impunité exécutent sommairement des civils lors de raids nocturnes et font disparaître des suspects, dénonce Human Rights Watch (HRW).

Dans un rapport publié jeudi, l'organisation de défense des droits de l'Homme présente des informations collectées sur 14 raids de ces "groupes de frappe" aidés par la CIA entre fin 2017 et mi-2019, durant lesquels des "violations graves", certaines "allant jusqu'à des crimes de guerre", ont été commises.

Le rapport est basé sur des entretiens avec 39 habitants des provinces de Ghazni, Helmand, Kaboul, Kandahar, Nangarhar, Paktia, Uruzgan, Wardak et Zaboul, dont plusieurs témoins d’opérations nocturnes, ainsi qu’avec des organisations afghanes de défense des droits humains qui ont documenté ces attaques.

L'une de ces opérations, survenue dans la province de Paktia en août, a vu un groupe paramilitaire tuer onze hommes dans un seul village. "Des témoins affirment qu'aucun d'entre eux n'a offert de résistance (...). Les forces ont abattu un chef tribal d'une balle dans un œil et son neveu, âgé d'une vingtaine d'années, (d'une balle) dans la bouche", écrit HRW dans son rapport (résumé ici en français).

"Faux ou exagéré"

La CIA a contesté la teneur du rapport, indiquant que la plupart des méfaits imputés aux forces afghanes étaient "vraisemblablement faux ou exagérés". "Contrairement aux Taliban, les États-Unis sont attachés à l'État de droit. Nous ne tolérons pas les activités illégales et ne participerions pas sciemment" à ce genre de crimes, a-t-elle réagi dans un communiqué.

Les milices secrètes appuyées par la CIA sont actives en Afghanistan depuis la guerre contre l'armée soviétique dans les années 1980. Leur action contre les Taliban s'intensifie à mesure que la guerre contre les insurgés se prolonge.

D'après HRW, la CIA aurait conservé depuis 2011 un dispositif antiterroriste parallèle en Afghanistan, distinct des opérations militaires américaines. Elle aurait continué à recruter, équiper, entraîner et déployer des forces paramilitaires afghanes chargées de lutter contre Al-Qaïda et les Taliban et, depuis 2014, contre les militants affiliés à l’organisation État islamique.

Frappes aériennes américaines

Dans de nombreux cas cités par HRW, les raids – généralement dans des zones contrôlées par les talibans – ont été accompagnés de frappes aériennes qui ont tué des civils "de manière aveugle et disproportionnée", pointe le rapport. Or, d'après des statistiques divulguées cette semaine par l'Otan, les États-Unis ont conduit plus de 1 100 frappes aériennes et terrestres en Afghanistan en septembre, un chiffre en forte augmentation par rapport aux mois précédents.

"En intensifiant les opérations contre les Taliban, la CIA a permis aux forces afghanes (...) de commettre des atrocités, y compris des exécutions extrajudiciaires et des disparitions", déplore Patricia Gossman, auteure du rapport et directrice associée de HRW en Asie.

Les paramilitaires dépendent des services de renseignement afghans (NDS) et ne sont pas soumis aux chaînes de commandement normales. Un diplomate interrogé par HRW les a qualifiés d'"escadrons de la mort".

Le rapport de HRW "reflète certaines réalités", a tweeté le Bureau afghan du Conseil de sécurité national, qui supervise le NDS. "Certaines informations requièrent des clarifications", a-t-il encore écrit, ajoutant que des réformes étaient en cours pour "traiter de ces questions".

Avec AFP

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