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Mondial de rugby: Angleterre-Afrique du Sud, une couronne pour rédemption

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Tokyo (AFP)

Tous les chemins mènent à Yokohama: l'Angleterre, minutieusement préparée depuis quatre ans et son échec à domicile, défie la puissante Afrique du Sud, ressuscitée ces deux dernières années, samedi (10h00 françaises) en finale de la Coupe du monde dans une réédition de celle de 2007 remportée par les Springboks (15-6).

Les superstitieux dans le camp sud-africain peuvent se raccrocher aux chiffres. Non pas ceux qui disent qu'un champion du monde n'a jamais perdu sur la route du titre (l'Afrique du Sud a été battue par la Nouvelle-Zélande en poules), mais ceux voulant que leur équipe soulève le trophée Webb-Ellis tous les douze ans.

Elle avait ainsi décroché le premier de ses deux titres mondiaux en 1995, à domicile au sortir de l'Apartheid, une victoire riche en symboles pour un pays sur le chemin de la réconciliation.

Vingt-quatre ans plus tard, si les Boks sont guidés par leur premier capitaine noir, Siya Kolisi, le tableau n'a pas beaucoup changé: Rassie Erasmus voit dans la banlieue de Tokyo l'occasion "de faire oublier aux gens les tracas de la vie pour quelques minutes, heures, jours ou mois".

"L'Afrique du Sud en a besoin, nous le savons (...) c'est clairement une motivation supplémentaire", ajoute le sélectionneur.

Deux ans en arrière, pourtant, il semblait difficile d'imaginer Erasmus et les Springboks en finale: le premier n'était pas encore en poste et les seconds sortaient de deux années cataclysmiques, sous les ordres d'Allister Coetzee, marquées par des défaites historiques (leur première en Italie en 2016, leur plus large en Nouvelle-Zélande en 2017).

Appelé au chevet des antilopes ("springboks" en afrikaan) malades fin 2017, Erasmus a nettoyé la maison verte en imposant rigueur et travail. Et, sur le terrain, en revenant aux forces traditionnelles du rugby sud-africain: un paquet d'avants féroce, une conquête d'airain et un jeu au pied précis.

- "Une ou deux occasions" -

La dernière marche est cependant beaucoup plus haute: l'Angleterre vise un deuxième sacre après 2003 et a laminé tous ses adversaires au Japon, dont l'Australie en quarts de finale (40-16) puis la Nouvelle-Zélande, double tenante du titre réduite au silence pour la première fois dans la compétition depuis 2007 (19-7).

"Elle vous étouffe. Nous n'aurons qu'une ou deux occasions, il faudra être capable de les saisir", prévient Erasmus.

Pour en arriver à ce degré de maîtrise technique, tactique et physique, quatre ans après l'échec du Mondial-2015, où il a été éliminé, à domicile, pour la première fois de son histoire en poules, le XV de la Rose a sué sous les ordres d'Eddie Jones.

Depuis plus longtemps que les Boks avec le programme Erasmus: quasiment quatre ans, au cours desquels le technicien australien a minutieusement balisé, depuis le premier jour, le sentier de la gloire. En revenant, comme son homologue sud-africain, aux fondamentaux nationaux, férocité et intelligence tactique.

- "Imposer notre jeu" -

D'un Grand Chelem dans le Tournoi des six nations en 2016 à un coup de mou en 2018 (cinq défaites d'affilée), Jones a programmé les Farrell, Tuilagi, Vunipola et Itoje pour qu'ils succèdent à Wilkinson, Johnson, Dallaglio et Robinson, sacrés en Australie il y a seize ans.

Le jour J est arrivé. "Nous avons eu quatre ans pour préparer ce match. Nous savons clairement comment nous allons jouer tactiquement, nous sommes en forme physiquement", lance Jones.

L'une des clés de cette finale sera justement la capacité des Anglais à dominer dans le combat les rugueux et massifs Sud-Africains, qui feront de nouveau entrer, en cours de match, six avants pour forcer la décision.

Si elle y parvient, alors l'Angleterre pourrait réaliser un incroyable et inédit "Grand Chelem" des nations du sud (Afrique du Sud après Australie et Nouvelle-Zélande) pour coiffer une deuxième couronne mondiale dès lors amplement méritée.

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