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Contestataires et partisans du président Aoun se mobilisent massivement au Liban

Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche 3 novembre 2019, place des Martyrs, à Beyrouth,  pour une nouvelle manifestation contre le pouvoir.
Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche 3 novembre 2019, place des Martyrs, à Beyrouth, pour une nouvelle manifestation contre le pouvoir. Andres Martinez Casares, Reuters

Quelques heures après que des milliers de Libanais ont défilé à Baada, au sud de Beyrouth, en soutien au président Michel Aoun, de nouvelles manifestations de contestation ont eu lieu dimanche après-midi dans plusieurs grandes villes.

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Des milliers de manifestants ont envahi dimanche 3 novembre les rues de Beyrouth et de plusieurs autres grandes villes du Liban, brandissant des drapeaux libanais et réclamant la "chute du régime".

Quelques heures plus tôt, à Baabda, petite ville située au sud-est de Beyrouth, plusieurs milliers de Libanais s'étaient rassemblés avec des drapeaux et des étendards orange aux couleurs du parti du président libanais Michel Aoun.

Dimanche soir, la place des Martyrs, au cœur de Beyrouth, était noire de monde. Les manifestants ont afflué par milliers avec leurs drapeaux et leurs pancartes rivalisant d'inventivité, a constaté une correspondante de l'AFP.

Rassemblements à Tyr et Saïda

"Révolution !", scande un manifestant, salué par les vivats et les sifflements de la foule qui reprend en chœur les principaux slogans du mouvement, accompagnée par les rythmes d'une musique électro et les applaudissements. "Le peuple veut la chute du régime", "Tous veut dire tous", crient-ils à plein poumons.

Partie du Musée national à Beyrouth, une marche féministe rassemblant quelques centaines de femmes et d'hommes, s'est, elle aussi, dirigée vers la place des Martyrs.

Des rassemblements ont également eu lieu dans les deux grandes villes côtières du sud, Tyr, majoritairement chiite, et Saïda, majoritairement sunnite, d'après l'agence d'information libanaise.

Pendant près de deux semaines le Liban est resté quasi paralysé. Mais le pays a retrouvé ces derniers jours un semblant de normalité avec la réouverture des banques et des écoles, faisant croire à un essoufflement de la contestation. Les barrages routiers, installés par les contestataires pour gêner les autorités, ont été progressivement levés.

"J'appelle tout le monde à l'union"

Dans la matinée, les partisans de Michel Aoun sont venus défendre le bilan du chef de l'État, un ancien général qui a dirigé autrefois l'armée libanaise. "Le général Aoun est un homme réformiste et sincère, ce n'est ni un corrompu ni un voleur, nous sommes là pour lui dire : 'On est avec toi et on restera avec toi quoi qu'il arrive'", a confié une manifestante à l'AFP.

Les soutiens du président ont dénoncé les manifestants anti-pouvoir qui réclament le départ de Michel Aoun, même s'ils partagent les demandes de la contestation (réformes et lutte contre la corruption) et estiment que le chef de l'État est le seul à pouvoir les concrétiser.

"J'appelle tout le monde à l'union", a lancé le président dans une courte allocution à l'intérieur du palais présidentiel, s'adressant à ses partisans mais aussi aux contestataires, refusant de voir se dérouler "une manifestation contre une autre manifestation".

"Nous avons mis en place une feuille de route" pour lutter contre la corruption, redresser l'économie et établir un État civil, a rappelé le président, avertissant que ce ne sont pas des réformes "faciles à concrétiser".

Le Liban est secoué par un soulèvement inédit depuis le 17 octobre. Des centaines de milliers de manifestants se sont mobilisés pour crier leur ras-le-bol face à une classe politique jugée corrompue et incompétente et une économie au bord du gouffre.

Au pays du Cèdre, plus du quart de la population vivait sous le seuil de pauvreté en 2012, selon la Banque mondiale. Les Libanais sont exaspérés par l'absence de services publics dignes de ce nom, avec de graves pénuries d'eau et d'électricité et une gestion archaïque des déchets.

Avec AFP

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