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"J’Accuse", de Roman Polanski, sur l’affaire Dreyfus, projeté à l’Ecole militaire

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Paris (AFP)

En salles le 13 novembre, "J’Accuse", film de Roman Polanski sur l’affaire Dreyfus, scandale antisémiste majeur de la fin du XIXe siècle en France, a été projeté en avant-première lundi soir à l’Ecole militaire en présence de nombreux hauts gradés dont le chef d’état major des armées, le général François Lecointre, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’armée a soutenu et contribué à la réalisation de ce long métrage tourné en grande partie à l’Ecole militaire, là-même où le capitaine Dreyfus a été solennellement dégradé le 5 juillet 1895 pour haute trahison.

Alfred Dreyfus a été finalement innocenté et réhabilité en 1906 après les investigations du lieutenant-colonel Picquart qui lui ont permis de découvrir de fausses preuves présentées par l’armée lors du premier procès.

En juillet dernier, la ministre des armées Florence Parny a estimé que "120 ans plus tard, il est encore temps que les Armées redonnent à Alfred Dreyfus tout l'honneur et toutes les années qu'on lui a ôtés".

Déjà en 2006, le président Jacques Chirac avait présidé une cérémonie en l’honneur du capitaine Dreyfus injustement accusé de collaboration avec l’ennemi.

Roman Polanski a coecrit et réalisé "J’accuse", signant une adaptation du roman de Robert Harris consacré à l’affaire Dreyfus à partir du point de vue du lieutenant-colonel Piquart et de son enquête décisive.

"Projeter ce film ici a l’Ecole militaire est très émouvant. L’armée nous a beaucoup aidés. Tous les militaires que j’ai rencontrés ont été très amicaux et enthousiastes pour la cause. J’espère que le public y sera sensible aussi", a confié à l’AFP le cinéaste qui était accompagné de son épouse Emmanuelle Seigner, de Jean Dujardin, de Louis Garrel et de Grégory Gadebois, qui incarnent les principaux rôles.

"J’accuse" a été récompensé par le Grand Prix du jury, deuxième récompense la plus importante de la Mostra de Venise.

Pour la porte-parole de la ministre des armées, en mission lundi à l’étranger, "+J’Accuse+ retrouve par sa force le souffle du pamphlet de Zola".

"Il est de la nature de nos armées d’affronter les problèmes en face. Les questions ouvertes par l’affaire Dreyfus sont intemporelles (...) Soutenir un tel film participe au devoir de mémoire et prolonge les initiatives depuis 1906 pour réhabiliter le capitaine Dreyfus", a ajouté Mme Yasmine-Eva Fares-Emery.

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