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Italie: Balotelli, l'heure des soutiens et des sanctions

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Rome (AFP)

Deux jours après les cris de singe ayant visé Mario Balotelli, les premières sanctions sont tombées mardi contre le Hellas Vérone et le chef de ses supporters Ultras, l'attaquant de Brescia et ancien joueur de Marseille ayant pour sa part reçu de nombreuses marques de soutien.

Les cris de singe descendus dimanche des tribunes du stade Bentegodi de Vérone, niés par les responsables du Hellas, ont donc bien été entendus par les délégués de la Ligue italienne de football et ils ont été sanctionnés.

La commission de discipline a en effet décidé de la fermeture pour un match du secteur du stade d'où étaient partis ces cris, celui des "Poltrone Est". Cette zone peut accueillir environ 3.500 spectateurs, le stade comptant en tout un peu plus de 30.000 places.

Le phénomène des cris de singe est récurrent dans les stades italiens et, cette saison, le Belge de l'Inter Milan Romelu Lukaku, l'Ivoirien de l'AC Milan Franck Kessié, le Brésilien de la Fiorentina Dalbert ou l'Anglais de la Sampdoria Gênes Ronaldo Vieira en ont déjà été victimes.

La plupart du temps, les sanctions sont inexistantes ou dérisoires et la punition infligée mardi au Hellas est plutôt plus sévère que d'habitude, dans un contexte où les instances du football italien et plusieurs clubs se sont récemment engagés à une "tolérance zéro" en ce domaine.

- "Un nègre dans l'équipe" -

Après l'annonce de la commission de discipline, Maurizio Setti, le président du club véronais, a en tout cas estimé que le Hellas était "un bouc émissaire" dans cette affaire.

Dans la matinée, le club avait tout de même choisi de bannir Luca Castellini, chef des Ultras du Hellas, qui avait déclaré lundi que Balotelli n'était pas "totalement Italien".

Dans un communiqué où il évoque "des considérations et expressions gravement contraires à ce que prévoient les principes éthiques et les valeurs de notre club", le Hellas explique avoir interdit Castellini de stade jusqu'en juin 2030.

Interrogé lundi sur une radio italienne, Castellini, membre actif du parti néo-fasciste Forza Nuova, avait estimé que Balotelli était "Italien parce qu'il a la nationalité italienne", mais qu'il ne pourrait "jamais être totalement Italien".

"Nous aussi on a un nègre dans l'équipe. Hier il a marqué et toute la ville a applaudi", avait-il ajouté.

Selon l'agence italienne Ansa, le procureur de la République de Vérone aurait ouvert une enquête au sujet de ces déclarations, Castellini pouvant être poursuivi pour "incitation à la haine raciale".

- "Italiano vero" -

L'affaire est aussi remontée jusqu'au conseil municipal, où une motion a été déposée par quatre conseillers pour demander au maire d'étudier les moyens légaux de poursuivre Balotelli "et tous ceux qui attaquent Vérone en la diffamant de façon injuste".

Le joueur, lui, est resté silencieux depuis lundi. Mais Balotelli a reçu de nombreux soutiens, notamment de la part de plusieurs clubs italiens comme l'AS Rome, de Carlo Ancelotti, entraîneur de Naples, ou même de la Gazzetta dello Sport, qui a titré en Une "Balo, Italiano vero" (Balo, vrai Italien).

Surtout, le président de la fédération italienne Gabriele Gravina a clairement tendu la perche à son sélectionneur Roberto Mancini à propos d'un retour de Balotelli en équipe nationale.

"J'espère qu'il y aura rapidement une participation active en Nazionale de Mario Balotelli. Ce serait un message extraordinaire envoyé à ceux qui pensent décourager l'adversaire avec des comportements de ce genre", a-t-il dit.

Mancini, qui a entraîné Balotelli à l'Inter Milan et à Manchester City et l'a très souvent défendu, doit annoncer vendredi sa sélection pour les deux prochains matches de l'Italie.

La Nazionale étant déjà qualifiée pour l'Euro, ils auront un enjeu sportif relatif. Et le premier, le 18 novembre contre l'Arménie, aura lieu à Palerme, la ville natale de Balotelli.

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