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"Rendez-vous streets", une belle traversée pop transmanche

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Paris (AFP)

Bill Pritchard et Frédéric Lo, un Anglais, un Français, deux orfèvres de la pop, qui se croisent depuis 15 ans et ont fini, comme "une évidence" selon leurs mots, par signer ensemble "Rendez-vous streets", majestueux album.

Les deux hommes, dans un fauteuil au coin du feu dans le salon cosy d'un hôtel parisien, se sont racontés pour l'AFP, dans une conversation nourrie par cette "culture de l'aller-retour, ce ping pong permanent" de la musique qu'ils aiment des deux côtés de la Manche, selon la formulation du "frenchy" du duo.

"On s'est rencontrés quand Frédéric faisait +Crèvecoeur+ (l'album qui a relancé Daniel Darc en 2004, ndlr), on se retrouvait à la pause café, on prenait un verre, on a réalisé qu'on avait beaucoup en commun musicalement", raconte Bill, qui avait lui même travaillé avec Darc à la fin des années 1980.

Mais il faudra attendre leurs retrouvailles autour d'un concert en 2016 pour qu'un projet d'album naisse. Et sorte ce vendredi. Bill, chapeau noir et lunettes à verres fumés bleus, s'exprime majoritairement en anglais, mais avec des incursions en français, lui qui enseigna la langue de Molière et continue à donner des cours à "des élèves en difficulté, des autistes" en Angleterre.

Il y a trente ans, Bill enregistrait "Three months, three weeks and two days", avec Etienne Daho comme producteur, autre Français anglophile, album touchant réédité le 25 octobre. Et cette fois, Daho pose sa voix sur "Luck", un titre de "Rendez-vous streets". Une boucle est bouclée.

- "Comme un classique de la pop" -

"Quand on a rencontré Etienne Daho, il a trouvé évident qu'on travaille ensemble, Bill et moi, c'est un beau cadeau qu'il nous fait", savoure Frédéric, tout de noir vêtu.

"J'aime beaucoup l'écriture de Bill, c'est très personnel, mais pas compréhensible dès la première lecture, ça sonne comme un classique de la pop anglaise, sa voix m'a toujours accompagné", reprend Frédéric. "Je suis fan de Three Months", confie encore cet homme de l'ombre - réalisateur, compositeur, arrangeur - qui a travaillé pour Stephan Eicher, Alain Chamfort ou Maxime Le Forestier, entre autres, et a également signé trois albums en solo.

Quand on demande à Bill ses références en musique française, il cite Françoise Hardy, Antoine ou encore Michel Polnareff. "Je viens des Midlands (centre de l'Angleterre), ça peut paraître bizarre (rires). Quand j'étais jeune, il y avait ces albums avec l'étiquette +MFP, Music for pleasure (musique pour le plaisir)+, ce n'était pas cher, je n'avais pas beaucoup d'argent, et il y avait cette série sur Polnareff".

"C'est quoi ton titre préféré de Polnareff?", demande alors Frédéric. "Je suis un homme", "Le roi des fourmis", énumère Bill. Frédéric, lui, aime The Smiths et Bill rebondit: "Tu m'as dit aussi que tu aurais aimé être un producteur anglais, pour produire XTC".

- "Pas fan du nationalisme" -

Au regard de leur complicité, on croit Frédéric quand il dépeint un album "fait très facilement, de façon spontanée, fluide".

"Je pensais avoir deux-trois mélodies à lui proposer, mais dans mon ordinateur, j'en avais 10-12, et il m'a dit qu'il aimait tout (rires)", expose Frédéric, 55 ans, dont les yeux brillent quand il évoque le texte et la voix de Bill sur "Magic mountain".

Et que pensent-ils du Brexit alors? "Les gens devraient travailler ensemble, pas être concurrents, je ne suis pas fan du nationalisme", glisse l'Anglais, 57 ans. "C'est incompréhensible, mais bien dans l'ambiance générale. Nous, nous sommes tous deux d'une génération attachée à la culture, l'ouverture, le partage", renchérit Frédéric.

"Exactement", assène Bill, qui conclut par un pied de nez: "A chaque fois que je viens ici en France, le Brexit doit se produire, mais à chaque fois il y a une nouvelle date butoir (rires)".

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