Accéder au contenu principal

Affaire Haenel : Christophe Ruggia dément le harcèlement sexuel mais reconnaît une "erreur"

Le réalisateur Christophe Ruggia (au centre) lors d’une conférence de presse à Paris, le 21 octobre 2015.
Le réalisateur Christophe Ruggia (au centre) lors d’une conférence de presse à Paris, le 21 octobre 2015. François Guillot, AFP

Dans un droit de réponse publié par Mediapart, mercredi, le réalisateur Christophe Ruggia conteste les accusations de harcèlement sexuel formulées par Adèle Haenel, mais admet "avoir commis l’erreur de jouer les pygmalions" et demande pardon.

Publicité

Accusé d'agression et de harcèlement sexuel par la comédienne Adèle Haenel, Christophe Ruggia n'a pas tardé à réagir. Dans un droit de réponse publié dans son intégralité mercredi 6 novembre sur le site de Mediapart, soit trois jours après la publication de l'enquête à charge, le réalisateur dément les accusations de l'actrice.

"Je n’ai jamais eu à son égard, je le redis, les gestes physiques et le comportement de harcèlement sexuel dont elle m’accuse", écrit-il après avoir développé les conditions de leur rencontre et du tournage du film "Les Diables", premier long-métrage d'Adèle Haenel.

"Mais j’ai commis l’erreur de jouer les pygmalions avec les malentendus et les entraves qu’une telle posture suscite. Emprise du metteur en scène à l’égard de l’actrice qu’il avait dirigé et avec laquelle il rêvait de tourner à nouveau", reconnaît-il ensuite avant de lui demander pardon.

>> À lire : #MeToo : les déclarations d'Adèle Haenel secouent le cinéma français

"Je n'avais pas vu que mon adulation et les espoirs que je plaçais en elle avaient pu lui apparaître, compte tenu de son jeune âge, comme pénibles à certains moments. Si c'est le cas et si elle le peut je lui demande de me pardonner", poursuit-il.

Se positionnant comme victime à son tour, il déplore en conclusion son "exclusion sociale". "Le Moyen Âge avait inventé la peine du pilori mais c'était la sanction d'un coupable qui avait été condamné par la justice. Maintenant, on dresse, hors de tout procès, des piloris médiatiques tout autant crucifiant et douloureux".

Ouverture d'une enquête préliminaire

Plus tôt dans la journée, le parquet de Paris avait annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour des chefs d'"agressions sexuelles" sur mineure de moins de 15 ans "par personne ayant autorité" et de "harcèlement sexuel". L'enquête a été confiée à l'Office central de la répression de la violence faite aux personnes (OCRVP).

La comédienne de 30 ans n'a cependant pas souhaité porter plainte, regrettant le "peu" de condamnations prononcées dans ce type d'affaire. Malgré l'absence de plainte, le parquet de Paris avait la possibilité de s'auto-saisir de l'affaire dans le cadre d'une "enquête d'initiative".

"Je n'ai jamais pensé à la justice car il y a une violence systémique qui est faite aux femmes dans le système judiciaire", a-t-elle expliqué.

Interrogée mercredi matin sur l'affaire, la garde des Sceaux Nicole Belloubet avait estimé qu'Adèle Haenel devrait au contraire saisir la justice. "Elle a tort de penser que la justice ne peut pas répondre à ce type de situations", avait affirmé la ministre sur France Inter, tout en saluant le caractère "très courageux" de sa démarche.

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.