Accéder au contenu principal

Impeachment : le rétropédalage d'un diplomate fragilise Donald Trump

Gordon Sondland à Washington, le 28 octobre 2019.
Gordon Sondland à Washington, le 28 octobre 2019. Erin Scott, Reuters

L'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne a admis mardi l'existence d'un lien entre la livraison d'une aide américaine à Kiev et l'annonce d'une enquête sur le démocrate Joe Biden par le président ukrainien.

Publicité

Finalement, le fameux "quid pro quo" aurait bien eu lieu. Gordon Sondland, l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne et jusqu'ici soutien sans faille de Donald Trump, est revenu sur la déposition qu'il avait donnée devant le Congrès des États-Unis le mois dernier. Les quatre pages de sa déclaration corrigée ont été publiées mardi 5 novembre par les responsables de l'enquête pour impeachment contre le président américain, soupçonné d'abus de pouvoir.

Le diplomate a admis avoir affirmé à un haut responsable ukrainien, Andriy Yermak, que l'aide militaire américaine de près de 400 millions de dollars à Kiev ne serait débloquée que si le pays annonçait publiquement le lancement d'enquêtes anticorruption réclamées par Donald Trump.

"Je me souviens maintenant avoir parlé, en aparté, avec Yermak pour lui dire que la reprise de l'aide américaine n'arriverait sans doute pas jusqu'à ce que l'Ukraine fournisse une déclaration publique contre la corruption dont nous parlions depuis de nombreuses semaines", a-t-il précisé. Le mois dernier, Gordon Sondland avait assuré qu'il n'avait "jamais" songé à l'existence d'une pré-condition à telle assistance.

Rudy Giuliani pointé du doigt

Pourquoi ce revirement soudain ? Les témoignages d'autres responsables interrogés par les élus du Congrès auraient "rafraîchi sa mémoire", a indiqué l'ambassadeur. Ce témoignage est un coup dur pour le clan Trump, car il provient d'un allié de toujours qui a grassement contribué à la campagne 2016 du milliardaire. Ce dernier continue, lui, de clamer qu'aucun "quid pro quo" n'a eu lieu. À la suite de la publication de ces nouveaux documents, la Maison Blanche a répété mardi que "le président n'a rien fait de mal".

Les responsables de l'enquête parlementaire ont également publié mardi la retranscription du témoignage à huis clos de Kurt Volker, l'ex-émissaire américain pour l'Ukraine. Celui-ci a envoyé par SMS à Gordon Sondland des éléments de langage destinés à être transmis au président ukrainien Volodymyr Zelensky afin qu'il les utilise lors de l'annonce de ces enquêtes anticorruption. Parmi les cibles de ces enquêtes : les activités en Ukraine de Hunter Biden, fils du candidat démocrate à la présidentielle 2020 Joe Biden, ainsi qu'une théorie du complot au sujet de l'élection américaine de 2016. Selon Kurt Volker, c'est Rudy Giuliani, l'avocat personnel de Donald Trump, qui a mis ces sujets sur la table. "Giuliani était intéressé par Biden", a-t-il affirmé aux élus.

>> À lire : Comprendre l'affaire ukrainienne derrière la procédure "d'impeachment" contre Trump

Vendredi, c'est Mick Mulvaney, le chef de cabinet par intérim de la Maison Blanche, qui est appelé à témoigner devant les commissions du Congrès chargées de l'enquête. Il est cependant peu probable qu'il réponde à la convocation. L'enquête pour impeachment, démarrée le 24 septembre et validée la semaine dernière par la Chambre des représentants, doit entamer le mois prochain une nouvelle étape, avec des auditions publiques et télévisées.

Compte tenu des forces en présence à la Chambre des représentants, à majorité démocrate, l'impeachment, c'est-à-dire la mise en accusation de Donald Trump, risque fort d'être voté. Se tiendra ensuite un procès en destitution au Sénat, dominé lui par la droite. Le président peut pour l'instant dormir tranquille : le chef des républicains à la chambre haute, Mitch McConnell, a assuré mardi qu'il ne serait pas destitué.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.