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Jean-Louis Aubert: jouer au Bataclan, "un petit signe de résistance"

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Paris (AFP)

"Juste un petit signe de résistance": voilà comment Jean-Louis Aubert présente ses huit dates au Bataclan, salle endeuillée par les attentats du 13 novembre 2015, pour lancer la tournée XXL de son nouvel album "Refuge".

L'ex-leader de Téléphone fait partie des exceptions: les têtes d'affiche françaises sont rares à revenir dans cette salle parisienne. "Je ne voudrais pas que le Bataclan devienne un parking ou un supermarché", commente pour l'AFP le chanteur, qui dit y être "né musicalement": "On ne va pas me retirer ma maman musicale".

"J'allais voir des concerts pour 5 francs, des fois on était 18 dans la salle pour voir les plus grands groupes du monde, comme Police, Genesis...", se souvient-il. "Je pense que j'aurai un petit pincement au cœur tous les soirs", confie celui qui s'y produira à partir de jeudi, pour une série de huit dates disséminées jusqu'au 5 décembre. Aucun spectacle n'est programmé le 13 novembre.

"Jouer au Bataclan, ça me met bien une petite pression, mais quelques amis blessés là-bas m'ont soutenu, ils m'ont dit +vas-y+", conclut-il sur le sujet.

Après le Bataclan, il y aura une tournée monstre en 2020, passant notamment par une ribambelle de Zénith pour défendre son nouvel opus solo, "Refuge", double-album de 22 titres, qui sort le 15 novembre.

"J'avais ces chansons qui attendaient au portillon, je ne m'en étais pas aperçu, j'avais plus de 50 chansons... Ça s'est fait d'une manière empirique", éclaire-t-il.

- "Les dégager de mon sac à dos" -

"Après il a fallu les dégager de mon sac à dos, c'est lourd à porter (rires). Et puis une chanson qui n'est pas dehors, c'est curieux, c'est comme si elle allait dans une poubelle virtuelle".

Une belle métaphore sur le destin d'une chanson qui colle d'ailleurs à "Ne m'enferme pas", premier titre de l'album.

"Elle date d'avant Téléphone ! Je me suis dit +c'est dingue+: on dirait que ça vient de quelqu'un qui a de l'expérience. Comment le môme que j'étais à 19 ans a pu écrire des paroles comme +Parfois je me sens si loin d'où je viens+ ou encore +Parmi les mille glaces qui déforment ma vie/Me regarder ne me dit plus qui je suis+".

"Bon, j'ai énormément de bienveillance sur ce que j'ai écrit avant: +il est mignon le mec qui a écrit ça+ (rires). Mais c'est toujours ce que j'ai envie de dire", insiste-t-il, à 64 ans.

Une permanence qui permet de lui reparler de "Locataire" sur l'album "Bleu Blanc Vert" (1989), écolo avant que ça ne soit à la mode.

"Bleu Blanc Vert... moi ça me faisait marrer avec mon daltonisme", plaisante-t-il, avant de lâcher plus sérieusement: "est-ce que, nous les artistes, on sent des choses dans l'air?"

- "On est des guetteurs" -

Il se revoit "avec Higelin, assis au bord d'une falaise", qui lui lance alors: "on est des guetteurs car, nous, artistes, on a le temps de laisser notre esprit errer".

Au fil de la conversation, on en vient à parler de l'état de la société et il martèle sa foi dans ces "révolutions" qui découlent de l'agrégat des individus: "Le monde étant très marchand, avec un D, on peut le plier en marchant, avec un T".

"Les autorités très fortes, on les a toujours mises par terre car on n'en voulait plus", ajoute-t-il. Quelques souvenirs plus loin, il dépeint ces "artistes russes, quand il y avait encore le mur", qui "parlaient dans leurs textes, en codé, d'oiseaux qui volaient vers la liberté".

On devine la suite, qu'il raconte dans un grand rire: "Ils sont venus à Paris pour une comédie musicale, genre +Hair+ mais avec l'appui du Parti. Bon, il y a eu quatre +évadés+, qui ont échappé à la surveillance, dont un que j'ai aidé".

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