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Accusé d'abus de pouvoir, le chef de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens démissionne

Pierre Krähenbühl, le 29 janvier 2019, à Genève.
Pierre Krähenbühl, le 29 janvier 2019, à Genève. Denis Balibouse, Reuters

Quelques heures après avoir été suspendu de ses fonctions par le secrétaire général des Nations unies, le commissaire général de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens a démissionné, mercredi. Il est accusé d'abus de pouvoir.

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Le Suisse Pierre Krähenbühl, commissaire général de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a "démissionné avec effet immédiat", mercredi 6 novembre, alors qu'il était accusé depuis plusieurs mois d'abus de pouvoir.

Cette démission soudaine, quelques heures après avoir été suspendu de ses fonctions par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, survient alors que l'Assemblée générale des Nations unies doit prochainement renouveler pour trois ans le mandat de l'Unrwa, malgré une vive opposition des États-Unis et d'Israël. Ces deux pays considèrent que cette agence n'a plus de raison d'être dans sa forme actuelle.

L'ONU avait annoncé plus tôt que Pierre Krähenbühl avait été suspendu de ses fonctions et avait nommé un nouveau responsable pour assurer l'intérim de la direction de l'agence, Christian Saunders. Une décision qui faisait suite à un rapport interne sur le fonctionnement de l'Unrwa remis cet été au patron de l'ONU.

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Obtenu par l'AFP, ce rapport émanant du département éthique de l'Unrwa faisait état d'une mauvaise gestion et d'abus de pouvoir commis par un petit groupe de hauts responsables – pour la plupart des expatriés – qui auraient contourné les mécanismes de contrôle de l'ONU. Le document décrivait comme "crédibles et corroborés" de graves abus éthiques commis par des hauts dirigeants, dont le commissaire général de l'Agence, Pierre Krähenbühl.

Parmi les accusations figuraient celles "d'agissements à caractère sexuel inappropriés, népotisme, représailles, discriminations et autres abus d'autorité, (commis) à des fins personnelles, pour réprimer des divergences d'opinion légitimes", selon le rapport.

Une démission jugée tardive par certains responsables

Pierre Krähenbühl aurait lui-même noué une relation amoureuse avec sa conseillère principale, nommée en 2015, après un processus de recrutement "extrêmement rapide", précisait le document.

Les résultats préliminaires de l'enquête "excluent" toute "fraude" ou "détournement de fonds" par Pierre Krähenbühl, mais font état de "problèmes de management", avait précisé dans un communiqué, mercredi, Antonio Guterres, en annonçant la suspension administrative du Suisse.

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Pour certains responsables onusiens, la démission de Pierre Krähenbühl est bien tardive. Elle intervient à un moment délicat pour l'Agence qui se bat depuis 2018 pour compenser un arrêt de financement des États-Unis (300 millions de dollars annuels).

L'Unrwa fournit une aide à des millions de réfugiés palestiniens en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans les Territoires palestiniens.

Israël et les États-Unis s'opposent au fait que les Palestiniens puissent transmettre le statut de réfugié à leurs enfants, souhaitant ainsi réduire le nombre de personnes bénéficiant d'une aide de l'Unrwa, ce que les Palestiniens dénoncent comme une violation de leurs droits.

Avec AFP

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