Accéder au contenu principal

Top départ pour la campagne électorale britannique sur fond de Brexit

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, le 6 novembre 2019, lance officiellement depuis le 10 Downing Street la campagne pour les élections anticipées au Royaume-Uni.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson, le 6 novembre 2019, lance officiellement depuis le 10 Downing Street la campagne pour les élections anticipées au Royaume-Uni. Tolga Akmen, AFP

Boris Johnson a lancé, mercredi, la campagne des élections législatives anticipées au Royaume-Uni. Le Brexit, qui a été reporté une troisième fois au 31 janvier, devrait être de nouveau le principal thème débattu.

Publicité

La campagne pour les élections anticipées du 12 décembre a officiellement démarré au Royaume-uni, mercredi 6 novembre, sur les chapeaux de roue. Le Premier ministre Boris Johnson s'est posé en sauveur du Brexit lors de son premier meeting de campagne avant le scrutin.

"Venez avec nous et nous réaliserons le Brexit", a promis le chef du gouvernement conservateur devant quelques centaines de militants rassemblés dans le bastion travailliste de Birmingham (centre), deuxième ville du Royaume-Uni.

"Nous ne pouvons continuer comme ça", a-t-il constaté, affirmant que s'il était reconduit, il présenterait à nouveau au Parlement son accord de sortie de l'UE, conclu avec Bruxelles, dès "le premier jour" de sa nouvelle session en décembre, afin que la sortie de l'Union puisse être effective en janvier.

"L'accord est prêt. Mettez-le juste dans le four à micro-ondes - je ne suis pas vraiment bon en cuisine", a-t-il plaisanté, disant vouloir se consacrer au plus vite aux questions sociales négligées ces dernières années par ce sujet qui a phagocyté la politique britannique : éducation, logement, santé, sécurité.

Dissolution du Parlement

Boris Johnson s'était rendu dans la matinée au palais de Buckingham pour rencontrer la reine et acter la dissolution du Parlement, dont les divisions ont jusqu'ici empêché la mise en œuvre de la sortie de l'UE, votée par 52 % des Britanniques il y a plus de trois ans mais déjà repoussée trois fois.

Il avait lancé sa première salve dans un éditorial publié par son quotidien préféré, le Daily Telegraph, dans lequel il a comparé Jeremy Corbyn au dictateur soviétique Joseph Staline en raison de sa "haine" présumée des riches.

"Les absurdités que peuvent sortir les ultra-riches pour éviter de payer un peu plus d'impôts...", a réagi Jeremy Corbyn sur son compte Twitter. Dans un discours à Telford, il a enfoncé le clou en se posant en "champion" de "ceux qui n'ont pas beaucoup d'argent ni des amis haut placés".

Coup dur pour Jeremy Corbyn, avec qui il a souvent été en porte-à-faux, le numéro deux du Labour Tom Watson, fervent partisan du maintien dans l'UE, a annoncé mercredi sa démission et décidé de ne pas affronter les urnes. "Cette décision est personnelle, pas politique", a-t-il assuré.

Plusieurs couacs du côté des conservateurs

Les conservateur n'ont pas échappé non plus à plusieurs couacs en ce premier jour de campagne. Le ministre chargé du Pays de Galles, Alun Cairns, a dû démissionner après avoir été accusé d'avoir caché qu'il connaissait le rôle joué par un de ses collaborateurs dont les déclarations dans un procès pour viol ont fait s'effondrer l'accusation. Dans une lettre au Premier ministre, Alun Cairns se dit "prêt à coopérer pleinement avec l'enquête" qui va être ouverte sur sa conduite.

Et le très pincé Jacob Rees-Mogg, proche allié de Boris Johnson, a dû s'excuser platement pour avoir dit que "le bon sens" dictait de sortir d'un immeuble en feu, à propos de la mort tragique de 72 habitants de la tour Grenfell à Londres dans un incendie en 2017, pendant lequel les pompiers, très critiqués depuis, avaient donné pour consigne de ne pas bouger.

La remarque de Jacob Rees-Mogg est d'autant plus ravageuse qu'elle le fait apparaître comme coupé des dures réalités de la vie de la population, soit le contraire du message que tente de faire passer Boris Johnson, lui aussi issu d'une classe sociale ultra-privilégiée.

Boris Johnson menacé par Nigel Farage et son parti du Brexit

Les sondages placent régulièrement en tête les conservateurs avec une dizaine de points d'avance, mais John Curtice, politologue et grand prêtre des sondages au Royaume-Uni, ne cesse de conseiller la prudence dans les pronostics pour ce scrutin, le troisième en quatre ans.

Boris Johnson, qui a joué un rôle décisif pour faire voter le Brexit en 2016, compte mener campagne en se présentant comme le seul à même de le mettre en œuvre à la date prévue du 31 janvier 2020, et de clore ainsi un mariage compliqué de près d'un demi-siècle.

Face à lui, Jeremy Corbyn fait valoir qu'il est le seul à pouvoir obtenir de Bruxelles un accord de Brexit respectant les droits des travailleurs, qu'il soumettrait ensuite à un référendum prévoyant aussi l'option de rester dans l'Union européenne. Une telle renégociation est toutefois jugée "pas réaliste" par le président sortant de la Commission, Jean-Claude Juncker.

Sur leurs flancs, les petits partis peuvent faire dérailler leurs rêves de conquérir une majorité. Le parti du Brexit de Nigel Farage menace de prendre des voix à Boris Johnson en prônant une coupure plus nette avec l'UE que celle prévue dans l'accord qu'il a négocié avec les Européens.

À l'autre bout du spectre, les europhiles libéraux-démocrates, emmenés par Jo Swinson, veulent annuler le Brexit et peuvent ravir les voix de conservateurs europhiles modérés et de travaillistes déçus des atermoiements de leur leader sur la question.

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.