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SebastiAn ouvre ses carnets de voyage, entre Charlotte Gainsbourg et Sparks

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Paris (AFP)

SebastiAn, surdoué de l'électro, ouvre ses carnets d'adresse et de voyage avec son deuxième album "Thirst", entre un rappeur japonais, Charlotte Gainsbourg et les Sparks.

"Handcuffed to a parking meter" est donc une explosion pop en compagnie des Sparks, en toute fin de l'opus qui sort vendredi. "Travailler avec eux, c'était vraiment une demande de ma part, ils avaient collaboré avec les Rita Mitsouko, j'étais fasciné par leur esthétique, leur ligne de conduite, leur carrière", explique SebastiAn à l'AFP.

La rencontre l'a enchanté. "Je suis allé chez eux, à Los Angeles, c'est assez lunaire quand tu arrives en bagnole, je ne savais pas où c'était et je vois des rangées de nains de jardins, orange, vert pomme: je me dis +ça ne peut pas être ailleurs+, et, effectivement, c'est chez eux (rires)".

Pourquoi cette armée de bibelots ? "Ils se sont demandé ce qui pourrait faire fuir les mecs en Lamborghini du quartier, ils en ont mis un, ça marchait, ils en ont mis 40 (rires)".

Autre invitée prestigieuse, Charlotte Gainsbourg figure sur "Pleasant", uppercut en live comme récemment au Pitchfork festival à Paris. SebastiAn avait produit l'album "Rest" (2017) de la chanteuse. Une coopération pourtant mal amorcée. Quand elle le sollicite la première fois, c'est pour chanter en anglais, mais, lui, exige le français. "Ca l'a énervée, je n'étais pas en position de lui dire ça, or je l'ai posé comme une condition", se souvient SebastiAn. Approche avortée.

- Dans la galaxie Frank Ocean -

Mais après le décès de sa sœur Kate Barry, Charlotte Gainsbourg se décide à poser des textes en français sur cette perte. Elle rappelle alors le producteur. "Rest", disque de catharsis mélancolique, se fait.

"Pleasant" est en revanche un morceau en anglais "rentre-dedans", qui selon SebastiAn ressemble sans doute à ce qu'elle voulait lors de leur première entrevue.

Il y a aussi "Sweet", autre titre implacable. "C'est en japonais, on s'en rend à peine compte, sourit SebastiAn. Cet album correspond à énormément de voyages dus aux productions que j'ai faites pendant huit ans". C'est en travaillant pour Frank Ocean qu'il croisera le rappeur nippon Loota, qu'on retrouve ici.

Mais d'où vient SebastiAn, méconnu du grand public, mais considéré comme une pointure internationale, que ce soit comme DJ, producteur, compositeur ou encore metteur en son des défilés d'Yves Saint Laurent? La réponse se trouve en partie dans "Beograd", titre entre french touch et choeurs slaves.

- Pochette de Mondino -

"Beograd, c'est la façon dont on prononce Belgrade en Serbie", explique-t-il en référence au pays de sa mère. "Je suis né à Paris, mais au bout d'un an on est reparti là-bas, ma mère ne connaissait plus personne en France. C'était dans les années 1990, pendant le merdier (la guerre, ndlr), mais on ne va pas passer cinq heures sur le conflit, je ne sais pas si ça donne des indices sur ma musique, mais on a traversé ça, oui".

Avant un retour durable à Paris, dans une famille qui compte un autre musicien, son grand frère, Noël Akchoté, guitariste grâce à qui il côtoiera Philippe Katerine et produira son "Magnum" (2014).

L'éclosion du phénomène dans la sphère électro est en revanche connue, après sa rencontre, obtenue au culot, avec Pedro Winter, qui le signe sur le label Ed Banger.

En 2011, SebastiAn, aujourd'hui âgé de 38 ans, sort son premier album, "Total". Avec une pochette de Jean-Baptiste Mondino où il embrasse à pleine bouche son double.

Le photographe illustre à nouveau "Thirst", où l'artiste se bat cette fois avec son alter-ego dans un décor façon western. "C'est une réponse à la première pochette qui évoquait le narcissisme, c'était l'époque montante de Facebook. Huit ans après, avec Twitter et Instagram, ce qui a été vendu comme l'être aimé - +c'est cool, on est tous connectés+ - se retourne contre nous".

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