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Lafarge en Syrie : la mise en examen pour "complicité de crimes contre l'humanité" annulée

AFP (archives)
AFP (archives) Le cimentier Lafarge a été mis en examen pour "financement d'une entreprise terroriste".

La justice française a annulé, jeudi, la mise en examen du cimentier français Lafarge pour "complicité de crimes contre l'humanité". Le groupe reste toutefois mis en examen pour "financement du terrorisme".

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La cour d'appel de Paris a annulé, jeudi 7 novembre, la mise en examen pour "complicité de crimes contre l'humanité" de Lafarge, accusé d'avoir financé des groupes terroristes en Syrie pour maintenir l'activité d'une de ses usines, selon une source judiciaire.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel a en revanche maintenu les mises en examen du cimentier pour "financement du terrorisme", "violation d'un embargo" et "mise en danger de la vie" d'anciens salariés de son usine de Jalabiya.

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Un "pas important" que souligne sur le plateau de France 24, Marie-Laure Guislain, responsable du contentieux auprès de l'association Sherpa. "Aujourd’hui l’action associative civile est indispensable surtout dans un contexte où les lobbies financiers et les enjeux politiques freinent énormément l’action d’un ministère public”, explique-t-elle.

Une première mondiale pour une entreprise

De leurs côtés, les avocats du groupe cimentier, Christophe Ingrain et Rémi Lorrain, se sont félicités de la décision de la Cour d'appel de Paris. "La chambre de l'instruction a fait le même constat que nous, à savoir qu'il n'existe pas d'éléments justifiant la mise en examen de Lafarge SA pour ce crime", ont-ils souligné.

"La cour reconnaît que Lafarge n'a jamais participé ni de près ni de loin à un crime contre l'humanité" et "corrigé une décision totalement infondée" des juges d'instruction des pôles financier et antiterroriste du tribunal de Paris, ont-ils ajouté.

La mise en examen pour "complicité de crimes contre l'humanité" du groupe français, qui a fusionné en 2015 avec le suisse Holcim, avait suscité de vives réactions dans le monde économique. Selon l'ONG Sherpa, il s'agissait d'une première mondiale pour une entreprise.

Treize millions d'euros versés

Pour rappel, le cimentier est soupçonné d'avoir versé entre 2011 et 2015, via sa filiale Lafarge Cement Syria (LCS), près de 13 millions d'euros, notamment à des groupes armés dont l'organisation État islamique, pour maintenir l'activité de son usine de Jalabiya dans le nord de la Syrie, alors que le pays s'enfonçait dans la guerre.

Huit anciens cadres ou dirigeants, dont l'ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont, ont été mis en examen pour "financement d'une entreprise terroriste" et/ou "mise en danger de la vie" d'anciens salariés du site dans cette information judiciaire ouverte en juin 2017 après une plainte de deux ONG et de Bercy.

Avec AFP

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