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Donald Trump douche l'optimisme de Pékin sur le commerce

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Washington (AFP)

"Je n'ai donné mon accord à rien": Donald Trump a douché vendredi l'optimisme des autorités chinoises qui exigent un allègement des tarifs douaniers punitifs pour signer un accord mettant fin à la guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales.

Gao Feng, le porte-parole du ministère chinois du Commerce, avait affirmé jeudi que Pékin s'était mis d'accord avec Washington pour une levée "par étapes" de leurs droits de douane mutuels, "au fur et à mesure de la progression vers un accord" final.

Donald Trump était jusqu'alors resté muet, alimentant les questions sur ce qui se déroule en coulisses.

"La Chine souhaite obtenir une annulation (des tarifs douaniers), pas une annulation complète parce qu'ils savent que je ne le ferai pas", a-t-il déclaré vendredi, martelant que Pékin voulait "bien plus" un accord que lui-même.

Depuis des mois, la Chine exige la suppression des surtaxes douanières comme condition à la signature d'un traité, car la guerre tarifaire affecte de plus en plus durement l'économie du géant asiatique.

L'administration Trump s'est jusqu'à présent toujours refusée à lever la totalité de ces barrières, estimant qu'elles constituent un "levier" pour la mise en oeuvre d'un éventuel traité.

Peter Navarro, l'intransigeant conseiller en politique commerciale de Donald Trump, a lui-même rappelé la ligne dure.

"Il n'y a pas d'accord pour retirer les tarifs douaniers comme condition d'un accord (final)", a-t-il déclaré sur la radio NPR. "La seule personne qui peut prendre cette décision est Donald Trump", a-t-il ajouté, évoquant de la "propagande" de la part des Chinois, relayée par la presse.

"Ce qui est sur la table, ce sont les tarifs douaniers à venir le 15 décembre", a-t-il en revanche indiqué.

Selon le conseiller, les Américains seraient "disposés (...) à repousser ces droits de douane, mais pas à revenir sur les tarifs douaniers existants". "C'est une différence subtile", a-t-il souligné.

- "Bientôt un accord" -

Le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, en première ligne dans ces négociations, ne sont pour l'heure pas sortis du bois.

Ils avaient évoqué au printemps la possibilité d'une levée des droits de douane, mais très partielle.

"Si vous n'avez pas d'écho de l'ambassadeur Robert Lighthizer (...), ce n'est pas vrai", s'est avancé Peter Navarro vendredi en réponse aux voix venues de Chine.

Mais signe de la confusion et de la division dans l'entourage de Donald Trump, un autre conseiller économique, Larry Kudlow, a déclaré à l'agence d'informations financières Bloomberg: "S'il y a un accord commercial de phase 1, il y aura des accords sur les tarifs douaniers et des concessions".

La suppression même partielle des surtaxes constituerait un assouplissement de la stratégie de pression menée jusqu'à présent contre Pékin.

"Je ne peux pas en dire plus sur les discussions avec la Chine, mais nous sommes très, très optimistes que nous allons bientôt obtenir un accord", s'est de son côté contentée de dire la porte-parole de la Maison Blanche Stephanie Grisham.

Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping devaient initialement signer mi-novembre, au Chili, un accord préliminaire en marge de l'Apec, un sommet des pays riverains du Pacifique.

Mais cet événement a été annulé en raison de la crise sociale qui secoue ce pays. Et M. Trump a indiqué que les deux pays étaient "en train de choisir un nouvel endroit" pour la signature.

"Ce sera dans notre pays", a-t-il déclaré vendredi, évoquant une nouvelle fois l'Iowa, un Etat, connu de Xi Jinping, très dépendant du commerce agricole avec la Chine et champ de bataille pour la présidentielle.

Si ce n'est pas l'Iowa, ce sera dans une "région agricole" des Etats-Unis, a précisé le président républicain.

L'accord de "phase 1" que M. Trump veut signer comprend selon lui 40 à 50 milliards de dollars d'achats de produits agricoles par les Chinois. Les agriculteurs américains --qui ont largement soutenu M. Trump lors de l'élection présidentielle de 2016-- ont été les premières victimes de la guerre commerciale entre Pékin et Washington, mais ont été généreusement dédommagés par l'administration.

Un accord, même partiel, permettrait de rassurer les marchés mondiaux et de marquer une pause dans ce conflit bilatéral qui affecte l'économie mondiale.

Lancée en mars 2018 par l'hôte de la Maison Blanche, cette offensive doit mettre fin à des pratiques commerciales jugées "déloyales", comme les subventions d'Etat ou le vol de la propriété intellectuelle alors que les deux pays se disputent la domination des technologies de demain.

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