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Les créations d'emploi restent dans le vert malgré la conjoncture

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Paris (AFP)

Les créations d'emploi sont restées dans le vert au troisième trimestre, confirmant la bonne santé du marché du travail et la résistance de l'économie française à la morosité européenne.

De juillet à septembre, le secteur privé a enregistré 54.300 créations nettes de postes, soit une hausse de 0,3%, légèrement plus forte qu'au deuxième trimestre (+45.400), selon des chiffres provisoires de l'Insee publiés vendredi. Sur un an, cette hausse atteint 1,4%.

Depuis le début de l'année, "plus de 200.000 postes ont été créés contre 117.000 l'année dernière sur la même période. C'est une vraie marche d'escalier", souligne Philippe Waechter, chef économiste d'Ostrum Asset Management.

"C'est un bon chiffre", confirme Eric Heyer (OFCE), qui le compare avec le niveau modeste de croissance, également de 0,3% au troisième trimestre.

Alors que le contexte économique international se dégrade, notamment dans la zone euro, "on a une économie robuste aux chocs extérieurs", constate M. Waechter. "Les entreprises françaises ne sont pas atteintes dans leur politique de l'emploi par cet environnement pessimiste. On est dans une dynamique vertueuse avec l'emploi qui permet de nourrir l'activité économique", juge-t-il.

Cependant, pour M. Heyer, "la face cachée d'un chiffre de créations d'emploi au même niveau que la croissance, c'est que l'économie ne fait plus de gains de productivité. C'est le cas depuis plusieurs trimestres et cela peut poser à terme un problème de compétitivité", prévient-il.

Au troisième trimestre, tous les secteurs ont créé des emplois, même l'industrie, qui est pourtant "en quasi-récession" selon M. Heyer.

L'emploi s'est ainsi accru de 9.900 dans la construction (+43.400 sur un an) et de 6.200 dans l'industrie (+23.200). Mais l'essentiel reste porté par les services marchands (+36.300 sur le trimestre, +182.600 sur un an).

- Croissance enrichie en emplois -

Ces résultats corroborent d'autres indicateurs récemment publiés sur le trimestre: des déclarations d'embauches de plus d'un mois en nette hausse (+2,3%, selon l'Acoss, la "banque de la Sécu") et la poursuite de la baisse, lente mais continue, du nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A à Pôle emploi (-0,4%).

Et les intentions d'embauche, notamment en CDI, "restent dynamiques dans les enquêtes, comme s'il y avait un découplage entre la croissance et l'emploi", note M. Heyer.

Les deux économistes restent prudents sur les raisons de cet "enrichissement de la croissance en emplois": transformation du CICE en baisse des charges, réforme du marché du travail, etc.

M. Waechter a néanmoins "le sentiment que le marché du travail évolue, que les chefs d'entreprise embauchent plus rapidement qu'avant". Ce qui pourrait expliquer en partie le recul de l'intérim (-0,5% sur un trimestre, –1,2% sur un an).

Pour M. Heyer, ces chiffres viennent en tout cas relativiser le discours sur les "difficultés de recrutement" répété par le patronat et le gouvernement et avancé notamment pour justifier le durcissement de l'indemnisation chômage.

"Les entreprises n'ont jamais autant recruté à croissance donnée", constate-t-il. "Ou alors ces difficultés de recrutement sont la conséquence de la bonne santé du marché de travail, et dans ce cas c'est un bon signe, qu'on est dans un marché qui tourne avec beaucoup d'offres d'emploi", juge-t-il.

Conséquence de ces créations d'emploi, le taux de chômage (BIT) au troisième trimestre, qui sera connu le 14 novembre, devrait légèrement diminuer par rapport à celui de fin juin (8,5%).

"Mais c'est plus difficile à prévoir car le taux de chômage varie aussi en fonction de l'évolution de la population active, qui est toujours complexe à anticiper", rappelle M. Heyer en citant notamment la prise en compte des personnes qui se remettent à chercher un emploi quand la situation s'améliore.

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