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Riester et des politiques dénoncent l'empêchement d'une conférence de Hollande à Lille

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Paris (AFP)

Le ministre de la Culture Franck Riester et des responsables politiques se sont émus mardi de l'intrusion de dizaines de manifestants, dénonçant la précarité étudiante, dans la faculté de droit de Lille où ils ont empêché la tenue d'une conférence de François Hollande.

Quatre jours après l'immolation d'un étudiant à Lyon devant le siège du Crous, plusieurs manifestations ont eu lieu en France mardi.

Dans le Nord, quelque 300 à 400 personnes se sont rassemblées à la mi-journée devant le Crous de Lille, avant de défiler dans les rues puis de pénétrer dans la faculté de droit, où ils ont empêché de se tenir une conférence de François Hollande sur la crise de la démocratie.

L'ex-président de la République n'était pas dans la salle au moment de l'intrusion. Les manifestants ont notamment scandé "Lyon, Lyon, ni oubli, ni pardon", "Hollande assassin!", "la précarité tue, tous responsables", a constaté une journaliste de l'AFP.

Certains d'entre eux ont déchiré et jeté des pages du livre de François Hollande, "Répondre à la crise démocratique" (Fayard/Terra Nova).

"Ils forcent les portes d'un amphithéâtre, saccagent des livres et empêchent un ancien président de la République de s'exprimer au sein d'une université", a réagi Franck Riester sur Twitter, ajoutant: "Intolérable entrave à la liberté d'expression et à la liberté de débattre!"

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a abondé sur le réseau social: "Empêcher le débat dans une université qui est le lieu même de la controverse libre est une atteinte à nos valeurs communes".

Selon lui, viser les socialistes sur la précarité étudiante n'est pas pertinent: "Aujourd’hui qui réfléchit sur la pauvreté étudiante? Les départements socialistes qui souhaitent expérimenter un revenu de base ouvert aux moins de 25 ans contrairement au RSA".

L'ancienne porte-parole d'EELV et vice-présidente de l'université de Lille Sandrine Rousseau a aussi qualifié l'événement d'"indigne, injurieux et honteux": "L'université est un lieu de débat et de liberté. Nous entendons bien qu'elle le reste", a-t-elle écrit sur Twitter.

Quant au président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, il a fustigé "la censure gauchiste" alors que François Hollande "doit pouvoir s'exprimer librement".

Le député LR du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont a aussi critiqué "l'extrême-gauche", qui "prive" "de parole un ancien président de la République".

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