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Après la Transat, Damien Seguin rêve du Vendée Globe malgré son handicap

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Salvador (Brésil) (AFP)

Il vient de terminer la Transat Jacques Vabre et c'est un exploit. Mais Damien Seguin, né sans main gauche, voit plus grand encore: le Vendée Globe, la mythique course autour du monde en solitaire, qu'il sera le premier marin avec un handicap à affronter en 2020.

"Que du bonheur!" lance dans un large sourire le navigateur de 40 ans à son arrivée lundi soir à Salvador de Bahia (Brésil), après avoir traversé l'Atlantique du Nord au Sud depuis Le Havre.

A bord du monocoque rouge Groupe Apicil, le triple médaillé paralympique et son équipier Yoann Richomme viennent de se classer 14e dans la catégorie reine des Imoca de cette 14e édition de la Route du café.

A ses côtés, Yoann Richomme, récent vainqueur de la Solitaire du Figaro, fait l'éloge du marin.

"Damien m'a impressionné. On est passés d'un Class40 de 12 mètres à un Imoca de 18. C'est quand même pas évident. Il a commencé l'année dernière en Imoca", rappelle-t-il. Le duo avait participé en 2011 et 2013 à la Transat, mais à bord d'un Class40, un monocoque de 12 mètres.

Les deux navigateurs auront mis 15 jours pour parcourir les 4.350 milles nautiques théoriques (8.000 km) du parcours, contre 13 pour le tandem de vainqueurs Charlie Dalin et Yann Eliès (Apivia).

Mais à peine la course terminée, le marin né le 3 septembre 1979 à Briançon (Hautes-Alpes) et père de deux enfants, pense déjà à son prochain défi, le Vendée Globe, cette course hors du commun où les marins affrontent solitude, froid ou encore vagues démesurées.

"Dans un petit peu moins d'un an ce sera le départ du Vendée Globe, l'Everest de tous les marins", assure-t-il lors d'un entretien avec l'AFP. "Je vais être le premier skipper avec un handicap à participer à la course", s'empresse d'ajouter celui qui a vécu enfant une dizaine d'années en Guadelope, où il découvre la voile.

- Aucun aménagement spécifique -

"Ca paraît un peu fou pour pas mal de personnes, mais j'ai réussi à m'adapter au bateau", assure le navigateur.

Son monocoque de course, mis au point avec Jean Le Cam - qui s'élancera en 2020 en quête d'un cinquième Vendée Globe -, ne comporte aucun aménagement spécifique si ce n'est un embout placé sur le "moulin à café" (winch) du cockpit et destiné à recevoir son bras handicapé.

"Je trouve des petites astuces pour pouvoir faire du bateau comme les autres, de la même façon que j'ai appris à faire mes lacets de chaussure avec une seule main... et au final c'était peut-être plus compliqué de faire ça", s'amuse-t-il dans un rire.

"Damien est meilleur que certains marins à deux mains, il est hyper polyvalent, il trouve des solutions à tout", juge encore son équipier.

Le marin, qui mène de front deux carrières, l'une en voile paralympique - il est triple médaillé paralympique en 2.4 mR, un quillard de 4,20 m, et quadruple champion du monde dans cette discipline -, l'autre en course au large, a tout de même dû passer des tests spécifiques pour valider sa participation au Vendée Globe, comme celui évaluant sa capacité à remonter sur un bateau après être tombé à l'eau.

"Il a passé tous les tests haut la main", assure Jean-Yves Chauve, médecin historique des courses au large, louant ses capacités d'adaptation et de compensation.

Une validation qui lui avait été refusée en 2005 lorsqu'il avait voulu participer à sa première course au large, la Solitaire du Figaro.

Déterminé à favoriser l'immersion des handicapés dans le milieu sportif des valides, celui qui est aussi professeur d'éducation physique à Auray (Morbihan) avait alors créée l'association au nom explicite Des pieds et des mains.

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