CYCLISME

Le cycliste français Raymond Poulidor, "éternel deuxième", est mort à 83 ans

Raymond Poulidor, le 7 juillet 2013, sur le podium de l'étape du Tour de France entre Saint-Girons et Bagnères-de-Bigorre.
Raymond Poulidor, le 7 juillet 2013, sur le podium de l'étape du Tour de France entre Saint-Girons et Bagnères-de-Bigorre. Éric Gaillard, Reuters (archives)

Raymond Poulidor est mort mercredi à l'âge de 83 ans. L'ancien champion cycliste s'était retrouvé à huit reprises sur le podium final du Tour de France entre 1962 et 1976, sans jamais réussir à finir premier de la Grande Boucle.

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Pour les Français, il était "l’éternel deuxième". L'ancien champion cycliste français Raymond Poulidor est décédé mercredi 13 novembre à l'âge de 83 ans, à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne).

Raymond Poulidor "est parti ce matin", vers deux heures, a indiqué son épouse Gisèle à l'AFP. "Il avait le cœur très fatigué." L'ancien champion avait été admis début octobre au centre hospitalier de Saint-Léonard-de-Noblat, qu'il n'a pas quitté depuis, a précisé son épouse.

Raymond "était très fatigué depuis le dernier Tour de France", avait expliqué son épouse peu après son hospitalisation.

Poulidor, dit "Poupou", légende du vélo et du sport français, était natif de Masbaraud-Mérignat (Creuse, sud-ouest) et résidait à une trentaine de kilomètres de là, à Saint-Léonard-de-Noblat, où le Tour était passé en 2016. Il avait alors partagé un grand gâteau pour ses 80 ans avec Bernard Hinault et Bernard Thévenet, deux anciens vainqueurs de la "Grande Boucle".

Coureur au palmarès remarquable, à huit reprises sur le podium final du Tour de France entre 1962 et 1976, Raymond Poulidor, qui a toujours couru après le maillot jaune, a aussi incarné le champion accessible et laborieux, aussi méritant que malchanceux, au fil d'une carrière terminée à 40 ans passés.

Son éternelle deuxième place était devenue une expression : "être un Poulidor", désignant celui qui est condamné à ne jamais être le premier. "Je suis devenu un nom commun", racontait avec le sourire Raymond Poulidor à l'AFP en 2016, à l'occasion de ses 80 ans. "Tous les jours, il y a un 'Poulidor' à la radio, à la télévision. Dès qu'il y en a un qui fait deuxième à la pétanque par exemple, c'est un 'Poulidor'."

"Il représente ce qu'est le vélo, un sport populaire et accessible"

Un demi-siècle plus tard, toujours présent au village-départ des étapes du Tour, il continuait à signer des autographes à des admirateurs de tous âges.

Romain Bardet a salué la mémoire du champion cycliste, "un trait d'union générationnel". "C'est un personnage vraiment emblématique, adoré du public", a déclaré le dernier Français à être monté sur le podium du Tour (2e en 2016, 3e en 2017), à propos du coureur.

"Il faisait le lien avec le cyclisme ancré dans les territoires", a ajouté Romain Bardet. "Je me souviens de lui sur le Tour mais aussi dans des courses de clochers, à côté des organisateurs. Il représente ce qu'est le vélo, un sport populaire et accessible".

"Grande tristesse"

Une autre légende du cyclisme, le Belge Eddy Merckx, quintuple vainqueur du Tour de France, a salué en Raymond Poulidor "un grand ami qui s'en va", dans une déclaration à l'AFP.

"C'est une grande tristesse. Pendant ma carrière on était adversaires, mais après je l'ai côtoyé souvent (...), j'ai passé des vacances avec lui, une semaine de neige à Combloux" dans les Alpes françaises, a dit le champion belge de 74 ans.

Avec AFP

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