REPORTAGE

À Washington, la visite de Recep Tayyip Erdogan indigne la communauté kurde

Des enfants dessinent devant le capitole, à Washington, pour demander l'arrêt des frappes turques en Syrie.
Des enfants dessinent devant le capitole, à Washington, pour demander l'arrêt des frappes turques en Syrie. France 24

Après des semaines d'échanges tendus, Donald Trump reçoit, mercredi, Recep Tayyip Erdogan à Washington pour évoquer la Syrie et le sort des prisonniers jihadistes. Mais la visite du président turc indigne les réfugiés kurdes aux États-Unis.

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Après plusieurs semaines d'échanges tendus, les présidents Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan se retrouvent, mercredi 13 novembre, à Washington. Une visite qui fait grincer des dents après l'offensive militaire turque en Syrie, visant les forces kurdes alliées de la Coalition internationale dans la lutte contre les jihadistes.

"Nous pensons que le moment est particulièrement mal choisi pour recevoir le président Erdogan aux États-Unis, nous vous exhortons à retirer votre invitation", ont écrit des élus démocrates et républicains dans une lettre rendue publique lundi.

>> À voir : Trump - Erdogan : une rencontre sur fond de tensions

Du côté de la communauté kurde de Washington, l’invitation du président turc est évidemment très mal reçue. Pour marquer leur approbation, plusieurs familles de réfugiés sont venues porter un message au président Erdogan. "Quittez le Rojava et arrêtez de tuer le peuple kurde. Les Kurdes ont des droits, en tant qu'ethnie, en tant que nation, nous ne sommes pas des terroristes !", déclare à France 24 Lukman Ahmad, un artiste kurde, réfugié de Syrie.

Une vaste manifestation est prévue dans la capitale américaine et elle promet de rassembler tout ce qu'Erdogan compte d'opposants. Arméniens, Kurdes d'Irak ou de Syrie, les adversaires politiques de la Turquie sont nombreux à Washington.

>> À voir : Turquie : que fait Washington ?

"La Turquie et Erdogan nous ont attaqués au nord de la Syrie, nous leur avons envoyé de nombreux messages, mais il semble qu'ils ne comprennent pas bien le langage de la paix, ils ne comprennent que la guerre", déclare à France 24 Synam Sherkany, cheffe de la Représentation démocratique syrienne à Washington.

Depuis 2014, 11 000 hommes et femmes des Forces démocratiques syriennes (FDS) sont morts en combattant l'organisation État islamique.

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