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L’hôpital public se mobilise pour réclamer un traitement de choc

Sous pression depuis des années, l'hôpital public est en train d'exploser, alertent les personnels hospitaliers.
Sous pression depuis des années, l'hôpital public est en train d'exploser, alertent les personnels hospitaliers. Capture d'écran France 2

Les soignants des hôpitaux publics sont appelés jeudi à manifester pour exiger davantage de moyens et d'effectifs. La ministre de la Santé promet un "plan de soutien" pour les personnels hospitaliers.

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Médecins, infirmiers, aides-soignants, étudiants et doyens. Tout le personnel hospitalier est appelé à manifester jeudi 14 novembre, dans toute la France, pour dénoncer une situation intenable et exiger davantage de moyens et d'effectifs.

Emmanuel Macron a annoncé dans la journée à Épernay (Marne) que des "décisions fortes" pour les hôpitaux seraient présentées mercredi par l'exécutif pour répondre à la colère du personnel hospitalier.

Sous pression budgétaire depuis des années, l’hôpital public a commencé à exploser ces derniers mois et tout particulièrement depuis le printemps lorsque de nombreux services d’urgences se sont mis en grève.

>> À voir : Urgences en France : le blues des blouses blanches

L'appel à une "grande manifestation", lancé il y a un mois par le nouveau collectif Inter-Hôpitaux, a fait le plein de soutiens. À commencer par le collectif Inter-Urgences, à l'origine d'un mouvement social inédit, débuté en mars à Paris et qui s'est étendu à tout le pays, avec encore 268 établissements touchés lundi.

Les revendications n'ont pas changé depuis le départ : augmentation des salaires, hausse des effectifs et réouverture des lits supprimés.

Fait rare, tous les syndicats de la fonction publique hospitalière s'y sont ralliés, en particulier la CGT, FO et la CFDT, qui peinent tant à s'accorder sur d'autres sujets au niveau national.

Les étudiants de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) et les futures sages-femmes de l’Association nationale des étudiant.e.s sages-Femmes (Anesf) ont rejoint le mouvement, avec la bénédiction des doyens de médecine, qui ont décrété une "journée sans activités dans toutes les facultés".

Leurs aînés en internat, indispensables au fonctionnement des services hospitaliers, sont pour leur part consultés par leur intersyndicale (Isni) sur une possible grève "totale et illimitée à partir du mardi 10 décembre".

"Plan de soutien"

L'inquiétude remonte jusqu'aux pontes des commissions médicales d'établissements (CME), qui évoquent un "état d'urgence républicaine". Même l'Ordre des médecins "comprend ce désarroi" dû à "des conditions de travail toujours plus difficiles" et attend "une réponse à la hauteur des enjeux".

Agnès Buzyn a promis en réponse un "plan de soutien" qui mettra l'accent sur "un meilleur investissement courant" et "la revalorisation des salaires, notamment en début de carrière".

Mais la ministre de la Santé a déjà échoué par deux fois à sortir de ce conflit : ni la prime mensuelle de 100 euros versée depuis juillet, ni le plan de "refondation" annoncé en septembre n'ont suffi à faire baisser la tension.

Les manifestants visent désormais plus haut : le cortège parisien s'élancera à 14 heures de Port-Royal en direction des Invalides, en espérant que leurs représentants seront reçus à Matignon.

En plein examen du budget 2020 de la Sécu par la chambre haute, les débats se polarisent sur la hausse des dépenses de santé, pour l'heure limitée à 2,1 % à l'hôpital, quand les grévistes réclament le double.

Avec AFP

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