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Venise toujours sous les eaux, l'état de catastrophe naturelle va être déclaré

La place Saint-Marc inondée, à Venise, le 14 novembre 2019.
La place Saint-Marc inondée, à Venise, le 14 novembre 2019. Manuel Silvestri, Reuters

Inondée par une marée haute d'une ampleur historique, Venise se prépare à de nouveaux épisodes d'"acqua alta" en attendant que l'état d'urgence soit décrété par le Premier ministre italien, Giuseppe Conte.

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En proie à une marée haute exceptionnelle mardi, Venise se prépare à de nouveaux épisodes d'"acqua alta" alors que le gouvernement italien doit décréter jeudi l'état d'urgence pour catastrophe naturelle.

Les quelque 50 000 habitants du centre de Venise, ville classée – comme les îles artificielles de la lagune – au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, se sont réveillés au son des sirènes. Elles sont montées au troisième niveau, un de moins que mardi soir quand la marée haute a grimpé à 1,87 mètre, son plus haut niveau historique depuis novembre 1966 (1,94 mètre).

Un autre épisode est prévu jeudi mais il ne devrait pas dépasser 1,25 mètre, la prochaine alerte importante étant attendue vendredi à 11 h 20 avec un niveau anticipé de 1,40 mètre par le Centre de surveillance des marées de Venise.

Les autorités pointent du doigt le réchauffement climatique

Le Premier ministre Giuseppe Conte, arrivé la veille, a participé à une réunion de crise à la Préfecture puis fait un tour des commerces de la Sérénissime, mondialement connue pour ses canaux et ponts, qui reçoit 36 millions de touristes par an dont 90 % d'étrangers.

Pendant que les autorités évaluent les dégâts chiffrés à "plusieurs centaines de millions d'euros", la Cité des Doges se réorganise, même si beaucoup de musées et les écoles restent fermés.

Tout en multipliant photos et vidéos pour immortaliser la scène, les touristes sont peu au fait du risque d'engloutissement que court la cité, bâtie sur 118 îles et ilots et construite sur pilotis. La ville s'est enfoncée de 30 cm dans la mer Adriatique en un siècle.

Pour le ministre de l'Environnement, Sergio Costa, la situation est aggravée par le réchauffement climatique, qui se traduit dans le pourtour méditerranéen par une "tropicalisation" de la météo avec d'intenses précipitations et de fortes rafales de vent.

Les écologistes pointent aussi du doigt le développement du grand port industriel de Marghera, situé en face de Venise sur la terre ferme, et un afflux croissant de bateaux de croisière géants.

"La catastrophe qui a frappé Venise est un coup porté au cœur de notre pays. Cela fait mal de voir la ville aussi endommagée, son patrimoine artistique compromis, les activités commerciales à genou", a déploré mercredi Giuseppe Conte en promettant le déblocage rapide de "premiers fonds" grâce à la proclamation en urgence de l'état de catastrophe naturelle.

Cette procédure, souvent utilisée dans un pays régulièrement frappé de désastres (séismes, éruptions volcaniques et glissements de terrain), dote le gouvernement de "pouvoirs et moyens exceptionnels", lui évitant par exemple de devoir lancer des appels d'offres.

La marée de mardi soir combinée aux bourrasques et à la pluie a submergé pratiquement toute la ville – à 80 % –, selon le gouverneur de la région Luca Zaia. Un septuagénaire est mort électrocuté chez lui.

Soupçons de corruption sur le projet de digues flottantes

L'"acqua alta" a renversé des gondoles, projeté des vaporetti (autobus fluviaux) sur le rivage, inondé boutiques, bars et hôtels. Les 160 pompiers mobilisés ont dû effectuer 400 interventions : pompages, récupération d'embarcations ayant coulé...

De nombreux responsables dont le maire de Venise, Luigi Brugnaro, ont appelé à terminer "au plus vite" le méga-projet de digues MOSE (Moïse en italien, acronyme de Module expérimental électromécanique) afin de "protéger tout le bassin" de Venise. Selon le Premier ministre Conte, il est "prêt à 93 %" et sera "terminé vraisemblablement pour le printemps 2021".

MOSE, critiqué comme pharaonique, trop coûteux et inefficace par les écologistes, repose sur 78 digues flottantes qui devraient se lever pour fermer la lagune en cas de montée de l'Adriatique jusqu'à 3 mètres de haut.

Démarré en 2003, il aurait dû être inauguré en 2016 mais a pris du retard à cause de malfaçons et d'enquêtes sur des soupçons de corruption. Les coûts ont également explosé, passant de 2 milliards prévus initialement à déjà 6 milliards d'euros engloutis dans ce vaste et complexe chantier.

Avec AFP

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