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Féminicides: "notre système ne fonctionne pas"

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Paris (AFP)

La ministre de la Justice, interrogée vendredi sur la mort d'une femme de 40 ans dont le mari a été mis en examen en Alsace, a estimé que le système ne "fonctionnait pas" pour protéger les femmes.

"Je ne suis pas en train de dire que nous n'avons rien fait", a expliqué Nicole Belloubet sur LCI, "je ne suis pas en train de dire que les magistrats ont failli, je dis simplement que collectivement notre système ne fonctionne pas pour protéger ces femmes, et que c'est un drame".

Dimanche soir, cette femme de 40 ans blessée mortellement à coups de couteau est décédée, sous les yeux de sa fille. Cette dernière a accusé son compagnon - depuis mis en examen et écroué - d'avoir porté plusieurs coups de couteau au niveau du cou et du thorax de sa mère.

La victime avait déjà porté plainte, le juge avait été saisi, et le compagnon était convoqué le 10 décembre par la justice.

"Cette réaction n'était pas à la hauteur de la violence que subissait cette femme", a reconnu Nicole Belloubet. "En terme de délai de réponse et en terme sans doute d'intensité. Parce qu'il y a eu une réponse, et elle ne correspondait pas à la réalité des faits".

"C'est cela qu'il faut arriver à mesurer et c'est la bonne décision qu'il faut arriver à prendre", a encore dit la ministre, évoquant notamment la proposition de loi en examen au Parlement qui vise à accélérer les délais pour les ordonnances de protection.

Nicole Belloubet a reconnu une "faille" dans les dispositifs de protection. "Les policiers et les gendarmes ne travaillent pas assez rapidement avec la justice", a-t-elle avancé, "et nous ne travaillons pas suffisamment avec les associations".

En 2018, 121 femmes ont été tuées lors de violences conjugales, selon le ministère de l'Intérieur.

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