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Tollé après un vote controversé à l'Assemblée nationale sur l'huile de palme

Des militants de Greenpeace manifestent devant la bioraffinerie de La Mède, le 29 octobre 2019.
Des militants de Greenpeace manifestent devant la bioraffinerie de La Mède, le 29 octobre 2019. Jean-Paul Pélissier, Reuters

Des députés de la majorité et de l'opposition réclament un nouveau scrutin après le vote, jeudi, sur le maintien de l'huile de palme comme biocarburant jusqu'en 2026. Le Premier ministre Édouard Philippe a appuyé leur demande vendredi.

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Vote polémique sur l'huile de palme à l'Assemblée nationale. L'hémicycle a voté, jeudi 14 novembre, le report à 2026 de l'exclusion de l'huile de palme de la liste des biocarburants, qui bénéficient d'un avantage fiscal. Cette mesure est favorable au groupe pétrolier Total pour sa nouvelle bioraffinerie de La Mède, près de Marseille, mais suscite l'indignation des associations écologistes.

Les députés avaient pourtant adopté l'an dernier la sortie de l'huile de palme des biocarburants à compter du 1er janvier 2020. Une partie d'entre eux demande à ce qu'il y ait un nouveau scrutin après le vote de jeudi.

>> À voir : Focus : Au Cameroun, l'huile de palme de la discorde

Le Premier ministre, Édouard Philippe, s'est aussi prononcé en faveur d'un nouveau vote vendredi, "constatant l'absence d'un débat suffisant sur un sujet aussi important", selon Matignon. La seconde délibération "permettra aux parlementaires de nourrir un débat à la hauteur de l'enjeu", a expliqué l'entourage du chef du gouvernement.

Un amendement cosigné par des élus des Bouches-du-Rhône

Jeudi, "l'amendement est passé en deux secondes (22 secondes, NDLR)" avec "avis défavorable du rapporteur général, favorable du gouvernement, sans aucun débat ! C'est une erreur à rattraper en deuxième lecture", estime la "marcheuse" Bénédicte Peyrol sur Twitter.

"Beaucoup ne savaient même pas de quoi il était question", assure une autre députée LREM.

"On s'est fait niquer ! (...) Si le groupe me le demande, je réclamerai une deuxième délibération", réagissait auprès de l'AFP Joël Giraud (LREM) dans la nuit de jeudi à vendredi.

Le député LREM et candidat à la mairie de Paris, Cédric Villani, a déploré que la majorité envoie ainsi des "signaux contradictoires" sur le thème environnemental. Or, "c'est un devoir d'avoir une attitude claire et ferme face à ces enjeux écologiques majeurs", a-t-il exhorté.

L'amendement voté est cosigné par des élus MoDem, LREM et LR des Bouches-du-Rhône, où est installée la raffinerie. Il n'a fait l'objet d'aucun débat en séance.

"Un coup de poignard au développement local des biocarburants"

Au MoDem, Bruno Millienne, qui avait porté la sortie de l'huile de palme des biocarburants l'année dernière, se dit "dégoûté", d'autant que l'amendement est cosigné par son collègue Mohamed Laqhila. Le groupe centriste souligne que le vote de jeudi "n'est pas un amendement de groupe mais un amendement individuel".

Chez Libertés et Territoires, Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, "demande une nouvelle délibération, un recul serait inacceptable".

Pour le président (ex-LR) des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, "c'est un coup de poignard fait au développement local des biocarburants ! D'autres solutions existent et ne sont pas responsables de désastres écologiques !".

La raffinerie de La Mède, une des plus grandes d'Europe, a démarré début juillet, employant directement 250 personnes. Selon Total, elle doit traiter 650 000 tonnes d'huiles et graisses par an et s'approvisionner en huile de palme "durable et certifiée" à hauteur de 300 000 tonnes au maximum.

Avec AFP

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