Accéder au contenu principal

Rugby: l'Europe dans le brouillard

Publicité

Paris (AFP)

Lourde sanction infligée en Angleterre aux Saracens, retards à l'allumage de bons nombres de cadors handicapés par la Coupe du monde: la 25e Coupe d'Europe de rugby, qui débute vendredi, s'annonce plus indécise que les éditions précédentes.

Vincent Gaillard, le directeur général de l'EPCR (European Professionnel Club Rugby), l'organisateur de la plus prestigieuse compétition interclubs, n'a pas caché son "inquiétude" vis-à-vis du tenant du titre mercredi lors d'une présentation à Marseille, où aura lieu la finale le 23 mai: "L'inquiétude pour nous réside dans leur capacité à jouer la Coupe d'Europe à fond sachant qu'ils vont se battre pour éviter la relégation en Premiership".

Car les Saracens, titrés trois fois sur les quatre dernières éditions, sont en grande difficulté: sanctionnés le 5 novembre par la Ligue anglaise avec le retrait de 35 points au classement du championnat assorti d'une amende de plus de 5,3 millions de livres (6,2 millions d'euros), ils comptent virtuellement - le club a interjeté appel et conserve ses points au classement en attendant la décision finale - 26 points de retard sur l'actuelle lanterne rouge, Leicester.

- Racing et Toulouse, juste à temps -

Puni pour violation du plafond salarial - contourné via des sociétés créées pour rémunérer ses meilleurs joueurs -, le club basé à Watford, dans la banlieue nord-ouest de Londres, voit donc son existence menacée et pourrait privilégier sa survie en championnat au détriment de la scène continentale. "Nous devons nous préparer au pire scénario, donc éviter la relégation est maintenant la priorité, devant l'Europe", a admis l'entraîneur en chef Mark McCall, qui a prévu de donner une chance à ses jeunes pousses dimanche pour un déplacement initial au Racing 92 qui n'aura peut-être plus rien d'un choc.

C'est une aubaine pour le club francilien, tombé dans la poule de la mort (Saracens, Munster, Ospreys). Car en plus de leur sanction, les Saracens doivent gérer la réintégration des internationaux anglais (Elliot Daly, Jamie George, Maro Itoje, Billy et Mako Vunipola) qui doivent se remettre de leur échec en finale de la Coupe du monde face à l'Afrique du Sud.

La reprise des internationaux français (Camille Chat, Wenceslas Lauret, Maxime Machenaud, Virimi Vakatawa) s'est en revanche très bien déroulée du côté du Racing, et le club des Hauts-de-Seine, moribond en début de saison sans eux, a retrouvé des couleurs dimanche face au Stade Français (25-9). C'est aussi le cas de Toulouse, demi-finaliste la saison passée qui a surclassé Clermont (34-8) grâce à ses trois-quarts (Yoann Huget, Sofiane Guitoune, Romain Ntamack, Maxime Médard) de retour du Japon.

- Le Leinster toujours là -

L'ASM, triple finaliste (2013, 2015, 2017) et qui court comme le Racing après son premier trophée continental, n'est elle pas encore "guérie" du désordre généré par la Coupe du monde. Qu'elle se rassure, elle n'est pas la seule: dans sa poule, Bath (9e du championnat anglais) et les Harlequins (10e) ont aussi du retard à l'allumage. Cela pourrait profiter à l'Ulster, dernier larron d'une poule 3 très dense.

Ailleurs en Irlande, on peut se réjouir des tracas anglais et français. Titré en 2018 et finaliste en 2019, le Leinster a parfaitement démarré sa saison (6 succès en autant de matches) sans son patron Johnny Sexton. La province de Dublin bénéficie de surcroît d'une poule sur-mesure (Lyon, Northampton, Trévise) pour s'ouvrir la voie d'une nouvelle finale. Autre prétendant irlandais, le Munster, demi-finaliste des trois dernières éditions, sera comme d'habitude difficile à manoeuvrer.

D'autres outsiders se bousculent dans la poule 2, très ouverte: Exeter, très dominant en Angleterre (finaliste les 4 dernières saisons), voudrait bien enfin s'exporter comme le Stade Rochelais, quart-de-finaliste en 2018, et Glasgow, qui a atteint le même stade en 2017 et 2019. Avec une hiérarchie aussi incertaine, ces trois-là peuvent aller plus loin.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.