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Cinq manifestants pro-Morales tués dans des affrontements en Bolivie

Des membres de la police militaire tentent de détruire des barricades, le 15 novembre 2019, dans la banlieue de Cochabamba.
Des membres de la police militaire tentent de détruire des barricades, le 15 novembre 2019, dans la banlieue de Cochabamba. Danilo Balderrama, Reuters

Cinq paysans favorables au président déchu Evo Morales ont été tués vendredi lors d'affrontements avec la police et l'armée en Bolivie, tandis que la nouvelle dirigeante a menacé son prédécesseur de poursuites s'il revenait dans le pays.

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Des affrontements entre la police, l'armée et des pays favorables au président déchu Evo Morales ont fait cinq morts, vendredi 15 novembre, en Bolivie.

Cinq cultivateurs de coca ont été tués dans la banlieue de Cochabamba, fief politique de l'ancien président, dans le centre du pays. Toute la journée, des milliers de manifestants se sont opposés aux forces de l'ordre qui les empêchaient de se rendre dans le centre-ville.

La Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) a confirmé les cinq décès, ainsi qu'un nombre indéterminé de blessés. Elle a dénoncé dans un communiqué "l'usage disproportionné de la force policière et militaire", notamment des armes à feu, pour réprimer des manifestations.

"C'est un vrai massacre, c'est un génocide, je déplore toutes ces morts", a réagi Evo Morales, interrogé au Mexique par CNN.

>> À lire : En Bolivie, un gouvernement de combat anti-Morales

Jeanine Añez menace Evo Morales

Les protestataires "portaient des armes, des fusils, des cocktails molotov, des lance-roquettes artisanaux et des engins explosifs", s'est défendu le commandant de la police de Cochabamba, le colonel Jaime Zurita, qui a annoncé une centaine d'arrestations mais n'a pas confirmé les décès.

Les pro-Morales maintenaient également la pression à La Paz, la capitale administrative, où de nouvelles échauffourées ont éclaté. La police et l'armée ont dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogène.

Reportage au sein d'une manifestation pro-Morales de notre envoyée spéciale Pascale Mariani

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme de l'ONU Michelle Bachelet a dénoncé samedi "l'usage inutile et disproportionné de la force par la police et l'armée" en Bolivie. Un usage "extrêmement dangereux" et qui pourrait conduire à ce que la situation "dégénère", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Des "groupes subversifs armés"

La présidente par intérim a dénoncé la présence de "groupes subversifs armés" composés de Boliviens et d'étrangers chargés, notamment, de saboter la distribution du gaz en allant jusqu'à utiliser des "explosifs" pour détruire des centres de production d'hydrocarbures.

Jeanine Añez, une ex-sénatrice de droite, a jugé qu'Evo Morales était "parti de lui-même" pour le Mexique après sa démission dimanche. S'il rentrait au pays, il devrait "répondre devant la justice" d'irrégularités lors de la présidentielle du 20 octobre et d'"accusations de corruption", a-t-elle ajouté, lors d'une réunion avec la presse étrangère. Evo Morales, a-t-elle encore affirmé, a "encore des comptes à rendre".

Trois jours après s'être proclamée présidente par intérim de ce pays andin enclavé, Jeanine Añez, une avocate de 52 ans, s'est engagée à "organiser des élections [présidentielle et législatives, NDLR] transparentes".

Evo Morales, 60 ans, s'était proclamé vainqueur de la présidentielle du 20 octobre, prétendant ainsi effectuer un quatrième mandat. Mais l'opposition a crié à la fraude et de nombreuses manifestations, parfois très violentes, ont eu lieu. Une mutinerie au sein de la police et enfin son lâchage par l'armée l'ont poussé à quitter la présidence.

Depuis qu'Evo Morales a annoncé sa démission, ce sont ses partisans qui affichent leur colère, assurant que son départ était dû à un "coup d'État" fomenté par l'opposition.

>> À lire : Evo Morales, itinéraire d'un indigène bolivien devenu président

Avec AFP

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