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A Manille, un souterrain oublié ressuscite en site touristique

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Manille (AFP)

Dans un souterrain humide de la capitale philippine Manille, des ouvriers s'activent dans la semi-obscurité. Leur but: transformer cet impressionnant réservoir centenaire aux plafonds voûtés et aux colonnes de pierre... en site touristique.

Seules les étincelles des chalumeaux et la lumière blafarde des néons installés sur les murs viennent éclairer les couloirs moites d'El Deposito, vestige de l'époque coloniale espagnole à l'abandon depuis des décennies.

"Cet endroit a une histoire haute en couleurs que nous, Philippins, devons apprécier à sa juste valeur et valoriser, même après toutes ces années", explique à l'AFP Kaye Oliveros, le conservateur du site.

Construite à partir de roches volcaniques, cette caverne a été achevée il y a 137 ans. Elle pouvait stocker 53 millions de litres d'eau, acheminée ensuite par des tuyaux vers des milliers de maisons jusqu'au début du 20e siècle.

L'armée japonaise a asséché les tunnels pendant la Seconde Guerre mondiale afin notamment d'y entreposer des munitions. Et les Etats-Unis ont détruit des installations en surface d'El Deposito lorsqu'ils ont repris les Philippines en 1945.

Le réservoir est ensuite tombé dans l'oubli. Il a été transformé en décharge, puis occupé par des squatteurs. Mais un grand nettoyage a été lancé en 2016.

Les ouvriers travaillent actuellement à la finition d'une passerelle métallique qui accueillera les visiteurs lors de l'ouverture du site au public, prévue en février.

La restauration intervient à l'approche du 500e anniversaire, en 2021, de l'arrivée de l'explorateur Fernand de Magellan. Il avait revendiqué l'archipel au nom de l'Espagne, qui a ensuite régné sur les Philippines pendant près de 400 ans.

Avant la création du réservoir, l'eau était puisée dans la rivière et livrée aux habitations de la capitale par des porteurs équipés de grandes jarres d'argile.

"Nous pensons toujours que les Espagnols nous traitaient mal à l'époque. Mais ils nous ont donné les moyens de fournir de l'eau potable aux Philippins", observe Kaye Oliveros.

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