CINÉMA

Accusé de viol, Roman Polanski en voie d'être exclu par ses pairs

Le réalisateur Roman Polanski est toujours sous le coup d'une information judiciaire aux États-Unis.
Le réalisateur Roman Polanski est toujours sous le coup d'une information judiciaire aux États-Unis. AFP

Embarrassée par de nouvelles accusations de viol à l'encontre de Roman Polanski, en France, la Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs proposera à son assemblée générale de suspendre le réalisateur franco-polonais au printemps.

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Roman Polanski était déjà exclu de l’Académie des Oscars, ce sont désormais ses pairs français qui franchissent le pas. La Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (ARP), organisation comptant plus de 200 cinéastes, proposera au printemps à son assemblée générale de suspendre le réalisateur franco-polonais, accusé de viol aux États-Unis.

Le Conseil d’administration de L’ARP a voté, lundi 18 novembre, "la mise en place de nouvelles procédures de suspension pour tout membre mis en examen par la justice, et d’exclusion pour tout membre condamné – notamment pour des infractions de nature sexuelle", peut-on lire sur le communiqué de l’ARP.

"Cette suspension concernerait Roman Polanski, dont l’information judiciaire est toujours ouverte aux États-Unis et pour laquelle il a fait l’objet d’une mise en examen", précise l’ARP. Le cinéaste a été inculpé en 1977 aux États-Unis pour le viol d'une adolescente de 13 ans, Samantha Gailey.

Information judiciaire aux États-Unis

Alors âgé de 43 ans, Polanski avait reconnu avoir eu des relations sexuelles illégales avec une mineure. Le juge avait accepté de ne pas retenir d'autres incriminations, dont le viol. Après avoir passé 42 jours en prison, Roman Polanski s'était enfui des États-Unis en janvier 1978, redoutant d'être plus lourdement condamné. Les procureurs américains cherchent toujours à le faire revenir dans le pays pour qu’il reçoive sa sentence.

>> À lire : Les féministes poings levés contre la rétrospective Polanski à la Cinémathèque de Paris

À cette première plainte aux États-Unis, d’autres accusations ont suivi. Celle de l'actrice britannique Charlotte Lewis en 2010, de Renate Langer ou Marianne Barnard.  La dernière en date remonte à début novembre. La photographe française Valentine Monnier l’a accusé, dans Le Parisien, de l'avoir frappée et violée en 1975, en Suisse, alors qu'elle avait dix-huit ans. Le réalisateur conteste les faits.

Cette dernière accusation lui a valu un regain de colère des mouvements féministes qui ont réservé une sortie mouvementée au dernier film du cinéaste, "J’accuse", sur l’affaire Dreyfus. De nombreuses séances ont été annulées à Paris et à Rennes, n’empêchant pas le film d’arriver en tête du box office, en France.

Le 7e art français secoué

Le cinéma français a souvent été accusé de protéger Roman Polanski et, plus largement, de fermer les yeux sur les affres de ces grands noms. Même après l’affaire Weinstein, il avait à peine vacillé.  Le milieu était resté soudé, certaines allant jusqu’à signer une tribune pour défendre "la liberté d’importuner". Pourtant, depuis le témoignage d’Adèle Haenel, l’heure semble au changement.

L’actrice de 30 ans a accusé le réalisateur Christophe Ruggia d'"attouchements" et de "harcèlement sexuel", concernant des faits survenus alors qu'elle avait entre 12 et 15 ans. Suite à sa prise de parole, la Société des réalisateurs de films (SRF), autre organisation importante de cinéastes, avait annoncé le 4 novembre avoir lancé une "procédure de radiation" à l'encontre de Christophe Ruggia.

Le ministre français de la Culture, Franck Riester, a annoncé la semaine dernière des mesures pour lutter contre le harcèlement sexuel dans le cinéma français, pour que les prises de parole "ne soient pas vaines". Sans jamais nommer Polanski, il a estimé que "le génie (n'est) pas une garantie d'impunité".

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