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Des intellectuels s'insurgent contre un article de Valeurs Actuelles sur Benjamin Stora

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Paris (AFP)

Plusieurs centaines d'intellectuels français ont apporté leur soutien à l'historien Benjamin Stora, après un article du magazine Valeurs Actuelles qualifié d'"antisémite" par ce spécialiste de la guerre d'Algérie, ce dont l'hebdomadaire se défend.

Dans un message de soutien posté sur le site de Benjamin Stora et révélé jeudi par Le Monde, plus de 250 intellectuels, dont Thomas Piketty, Pierre Rosanvallon, Hervé Le Bras, disent avoir "découvert avec consternation l'attaque nauséabonde de Valeurs Actuelles" dans le hors-série d'octobre que le magazine conservateur a consacré à la guerre d'Algérie.

"Nous tenons à exprimer collectivement notre indignation face à l'attaque qui vous frappe", écrivent ces intellectuels, membres des centres de recherches de l'EHESS (Ecole de hautes études en sciences sociales).

L'article de Valeurs Actuelles, intitulé "Benjamin Stora, l'historien officiel", évoque les "secrets du parcours de ce pied-noir ex-militant d'extrême gauche" qui "monopolise colloques et débats télé". Il y est notamment question de son physique.

Sur son site, l'historien médiatique, issu de la communauté juive de Constantine et qui a grandi dans l'Algérie française, a dénoncé un "article antisémite". Ce que son auteur réfute "totalement".

"Je suis tombé des nues, je ne comprends pas", a déclaré à l'AFP le journaliste Bruno Larebière, qui reconnaît avoir signé un "portrait à charge" mais juge "totalement hors sujet" les qualifications d'antisémitisme.

Pour Benjamin Stora, c'est "le portrait d’un homme avide d’ambition et d’honneurs qui est ici dressé, hantant les couloirs du pouvoir". Cet article s'inscrit selon lui "dans la tradition classique antisémite des +juifs de cour+ que l’on pouvait lire dans la presse d’extrême droite au moment de l’affaire Dreyfus".

L'historien, également spécialiste de la question coloniale, fustige "une attaque fondée sur une description de mon physique", et une "obsession sur mon poids" qui "suggère l'expression d’un enrichissement, qui peut également se lire dans la presse antisémite".

"J'ai comparé le Benjamin Stora émacié des années 70 au Benjamin Stora gras d'aujourd'hui : c'est une parabole de son ascension sociale, c'est tout", s'est défendu Bruno Larebière.

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