Retour au calme en Iran, l'État estime avoir surmonté le "complot" des "émeutiers"

Manifestation contre la hausse du prix du pétrole, à Téhéran, le 16 novembre 2019
Manifestation contre la hausse du prix du pétrole, à Téhéran, le 16 novembre 2019 Wana News Agency via Reuters

Les manifestations déclenchées vendredi dans une centaine de villes iraniennes à la suite de la hausse du prix de l'essence ont apparemment cessé. Le gouvernement se félicite de l'action "rapide" des forces de l'ordre face aux "émeutiers", qui seront "punis".

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Les Gardiens de la révolution ont loué l'action "rapide" des forces armées face aux "émeutiers" en Iran, où l'Internet restait largement inaccessible jeudi 21—novembre en dépit d'un retour au calme apparent après des violences ayant touché une centaine de villes.

Les troubles sont partis après l'annonce vendredi d'une réforme du mode de subvention de l'essence, censée bénéficier aux ménages les moins favorisés mais s'accompagnant d'une très forte hausse du prix à la pompe.

Les "principaux meneurs" arrêtés

Jusqu'à présent, les autorités ont confirmé la mort de cinq personnes, mais l'ONU a dit craindre que "des dizaines" de personnes aient été tuées dans les heurts. "Chaque émeutier, où qu'il se trouve en Iran, sera identifié et puni", a averti le contre-amiral Ali Chamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, cité par l'agence Mehr.

Selon les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, "des incidents, petits et grands [...] ont eu lieu dans [un peu] moins de cent villes" auxquels il a été mis fin "en moins de 24—heures, et dans certaines villes en 72—heures." C'est le "résultat de la perspicacité et de l'action rapide des forces armées et des forces de l'ordre", jugent les Gardiens, ajoutant que les "principaux meneurs" ont été arrêtés dans les provinces de Téhéran et d'Alborz (limitrophe de la capitale), ainsi qu'à Chiraz (centre-sud).

Depuis mercredi, la télévision d'État n'a diffusé aucune nouvelle image mettant en cause la violence des contestataires, montrant plutôt des manifestations "spontanées" de soutien aux autorités. Selon ces images, de tels rassemblements ont ainsi eu lieu à Qom, Ispahan, Chiraz et Kerman (centre), ainsi qu'à Bandar Abbas (sud). L'agence semi-officielle Isna a fait état d'un autre à Karaj, près de Téhéran.

Ces manifestations sont survenues alors que l'Irak, voisin de l'Iran, est touché par une vague de contestation populaire d'une ampleur inédite dénonçant l'inaction des autorités pour régler leurs problèmes ainsi que l'ingérence de Téhéran dans les affaires irakiennes.

Pour Téhéran, la contestation en Irak, comme celle des derniers jours en Iran est téléguidée par des puissance étrangères hostiles à la République islamique—: les États-Unis, Israël et l'Arabie saoudite, grand rival régional de l'Iran.

L'accès à l'Internet mondial restait largement coupé jeudi alors que sur Twitter fleurissent des mots-dièse comme #Internet4Iran ("Internet pour l'Iran") demandant la fin de ce couvre-feu numérique. Cité par Isna, le député réformateur Ali Motahari a estimé que la coupure de l'Internet n'était "plus nécessaire compte tenu du retour au calme dans le pays" et a appelé les autorités à lever la mesure en vigueur depuis plus de quatre jours.

Avec AFP

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