Accéder au contenu principal

Retraites: à deux semaines de la grève, l'ambiance se crispe

Publicité

Paris (AFP)

Les relations entre les différents acteurs de la réforme des retraites se sont crispées jeudi, avec le ralliement de la CFDT-Cheminots à la grève du 5 décembre, tandis que des ministres dénonçaient des "revendications très corporatistes" et accusaient la CGT de ne pas "jouer le jeu de la démocratie sociale".

Le gouvernement a raté le train du compromis avec les cheminots: les quatre syndicats représentatifs des agents de la SNCF appellent désormais à une grève reconductible à partir du 5 décembre contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron.

La CFDT-Cheminots déposera un préavis "dès ce soir ou demain", a indiqué son secrétaire général, Didier Aubert, à l'issue d'une réunion avec le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, et le secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari.

"Le gouvernement n'a pas mesuré les attentes des cheminots", a expliqué M. Aubert, réclamant notamment "le maintien du régime spécial" pour tous les salariés recrutés au statut de cheminot avant le 1er janvier 2020, date de l'arrêt des embauches dans ce cadre spécifique à la SNCF.

Cette demande de n'appliquer la réforme qu'aux seuls futurs recrutés, aussi appelée "clause du grand-père" est partagée par l'Unsa ferroviaire, qui appelait déjà à la grève et dont le responsable, Didier Mathis, est sorti "extrêmement déçu" de la rencontre.

L'entourage de M. Delevoye a néanmoins indiqué à l'AFP qu'après des "échanges francs et utiles" avec ces deux organisations, le haut-commissaire "ferait part des inquiétudes et propositions au Premier ministre", Édouard Philippe, qui recevra les partenaires sociaux à Matignon lundi et mardi.

"Le gouvernement ne transigera pas sur les grands principes du futur système", qui "remplacera les 42 régimes existants", mais reste "ouvert sur la transition" et sa durée, a ajouté cette source.

Des concessions insuffisantes pour la puissante CGT-Cheminots et SUD-Rail, qui avaient boycotté le rendez-vous ministériel et qui exigent le maintien en l'état de leur régime spécial. Ces deux syndicats avaient lancé lundi un appel unitaire à la grève avec l'Unsa.

- "Ils n'écoutent rien" -

Une réunion prévue jeudi avec les trois syndicats représentatifs de la RATP, dans la foulée de la table ronde ferroviaire, a été annulée, faute de participants: Unsa, CGT et CFE-CGC ont décliné l'invitation.

"On ne s'attend pas à grand-chose. Ils sont fidèles à leur agenda, mais n'écoutent pas, donc on ne va pas cautionner cette communication gouvernementale", avait expliqué mercredi à l'AFP le numéro un de la CGT-RATP, Bertrand Hammache.

Cette stratégie de la chaise vide hérisse la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, qui a estimé que la CGT "ne joue pas le jeu de la démocratie sociale" et "refuse systématiquement d'entrer dans une négociation".

Même exaspération du côté de la ministre des Solidarités, Agnès Buzyn, qui a pointé les "revendications très corporatistes" de syndicats qui "ne veulent pas d'une réforme parce qu'ils ne veulent pas la disparition d'un régime extrêmement avantageux".

Dans ce climat électrique, le Premier ministre a souligné qu'il souhaitait "entendre les partenaires sociaux avant de prendre des décisions", tout en assumant de "dire aux Français clairement, tranquillement, que nous allons travailler plus longtemps (...) soit par la durée de cotisation soit par une mesure d'âge".

"On sait très bien quand on parle des retraites que c'est anxiogène et compliqué. On ne le fait pas par gaieté de cœur ou pour être populaire", a-t-il ajouté.

Au sein de la majorité, on serre les rangs, comme ce député LREM qui se dit "en phase avec le Premier ministre: très ferme sur les principes et très ouvert sur la négociation des paramètres".

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, considère lui qu'avec un chômage en recul et une dette contenue, tous les voyants sont au vert pour lancer cette réforme, selon son entourage, qui ajoute : "C'est une promesse de campagne, donc il faut y aller".

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.