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Décès de Jean Douchet, influent critique de cinéma et figure des "Cahiers"

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Paris (AFP)

Le critique de cinéma Jean Douchet, dont le nom est indissociable de la Nouvelle vague et des Cahiers du cinéma, qui a inlassablement transmis la passion du 7e art dans les ciné-clubs, est décédé à l'âge de 90 ans, a annoncé vendredi la Cinémathèque française.

"Compagnon de la Nouvelle Vague, immense critique de cinéma, réalisateur et acteur, il était aussi notre ami fidèle. Il fut, avec son ciné-club, un infatigable passeur de films", a écrit l'institution sur Twitter. Un hommage lui sera rendu mardi à partir de 19H15 à la Cinémathèque (sur entrée libre).

L'annonce de ce décès, survenu dans la nuit de jeudi à vendredi, a suscité de nombreuses réactions, du cinéaste Xavier Beauvois qui voyait en lui une sorte de père spirituel, aux Cahiers du cinéma, en passant par le réalisateur François Ozon.

Jean Douchet était "depuis la fin des années 50" (...) un compagnon des Cahiers durant plus de soixante ans. Sa mort laisse beaucoup d'entre nous, critiques actuels et anciens, orphelins", a souligné la célèbre revue.

A Lyon, l'Institut Lumière a tweeté "tristesse ce matin, joie pour la vie et gratitude pour toujours", avec une photo de cette figure de la critique, également acteur et réalisateur.

L'ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob a salué la disparition de "notre maître à tous". "Sa pensée traduisait notre passion commune. Il parlait, ses commentaires nous éblouissaient et on suivait la route. Sans lui, ce ne sera plus la même chose".

Surnommé le "Socrate du cinéma", Jean Douchet est né en 1929 à Arras (Pas-de-Calais). Il suit des études de philosophie à la Sorbonne et, dès 1950, il écrit dans la Gazette du cinéma avant, en 1957, de devenir critique aux Cahiers du cinéma, revue qui défend alors le cinéma d'auteur hollywoodien (notamment Hitchcock sur lequel il écrira un livre de référence).

C'est à cette époque que Godard, Chabrol, Truffaut et Rivette passent à la réalisation, lançant la Nouvelle vague qui va laisser une empreinte indélébile dans le cinéma.

Si Douchet filme lui aussi quelques court-métrages, c'est en homme de paroles qu'il va se révéler, grâce aux milliers de films analysés dans des ciné-clubs.

" J’ai très vite orienté mon activité sur l’oralité. (...) C’est la transmission qui compte et la répercussion qu’elle a chez les autres", disait-il il y a deux ans à La Croix.

En 1973 et en 1977, il joue dans deux films de Jean Eustache. Il enseigne pendant plusieurs années l'analyse de films à l'IDHEC, devenue ensuite la Fémis. Parmi ses étudiants, certains, comme François Ozon ou Xavier Beauvois, lui donneront de petits rôles.

En 1982, il devient administrateur de la Cinémathèque française où il a animé un ciné-club de décryptage des images. Il prolongera également cette activité en province et à l'étranger. Il est aussi l'auteur de documentaires sur le cinéma pour la télévision.

"+La critique est l'art d'aimer+. C'est comme cela que Jean Douchet qualifiait ce qui, pour lui, était bien plus qu'un métier. Du cinéma, il connaissait tout. De lui, nous retiendrons son infatigable passion et sa plume si reconnaissable", a réagi pour sa part le ministre de la Culture Franck Riester.

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