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En Colombie, des manifestants défient le président Duque malgré le couvre-feu

Des militaires colombiens patrouillent dans les rues de Bogota après l'instauration d'un couvre-feu le 22 novembre 2019.
Des militaires colombiens patrouillent dans les rues de Bogota après l'instauration d'un couvre-feu le 22 novembre 2019. Luisa Gonzalez, Reuters

Malgré le couvre-feu, de nouvelles manifestations ont eu lieu vendredi soir à Bogota devant la résidence du chef de l'État et sur l'autoroute principale. Quelques heures auparavant, le président de droite avait appelé à un dialogue national.

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La contestation se poursuit à Bogota, en Colombie, malgré le couvre-feu imposé par les autorités. Des manifestants ont protesté vendredi 22 novembre à coups de casseroles devant le domicile du président colombien Ivan Duque, cible la veille d'une mobilisation massive suivie de violences.

Une cinquantaine de personnes chantaient l'hymne national devant la résidence du chef de l'État dans le nord de la capitale, accompagné d'un "cacerolazo", a constaté l'AFP.

Ces manifestants se sont dispersés dans le calme, une heure après le début du couvre-feu, à 21 heures locales (2 h GMT samedi), tandis qu'ailleurs dans la ville, des habitants faisaient aussi résonner depuis chez eux casseroles et marmites.

Environ 300 personnes ont également protesté sur la principale autoroute traversant Bogota, qui n'avait pas connu de couvre-feu total depuis des manifestations en 1977.

Plus tôt dans la soirée, le président de droite avait appelé à un dialogue national. Très impopulaire après à peine plus de quinze mois au pouvoir, Ivan Duque a ainsi fait un premier pas en direction des organisations ayant appelé à la plus grande mobilisation sociale de ces dernières années contre le gouvernement.

Le chef de l'État a ajouté avoir "décidé de renforcer la présence de la force publique" et ordonné "le déploiement de patrouilles mixtes de la police et de l'armée de terre dans les lieux les plus critiques".

De son côté, le maire de Bogota, Enrique Peñalosa, a décrété le couvre-feu jusqu'à 6 heures samedi (11 h GMT), en réponse à des troubles dans des quartiers populaires de cette capitale de sept millions d'habitants.

Le maire a également instauré la "loi sèche", interdiction de vente d'alcool, jusqu'à samedi à la mi-journée, invoquant la crainte de "vandales". Il a ajouté que "près de 20 000" policiers et militaires étaient déployés dans la capitale, et avaient procédé à environ 230 arrestations.

"Cacerolazos"

Depuis jeudi, la Colombie connaît un important mouvement de contestation contre le président Ivan Duque. Les concerts de casseroles ou "cacerolazos", courants dans d'autres pays d'Amérique latine, étaient inusités en Colombie jusque-là.

Dénonçant des mesures économiques, sociales et sécuritaires du gouvernement, des centaines de milliers de personnes avaient protesté dans tout le pays au cours de marches majoritairement pacifiques.

Mais lors de violences ensuite, trois civils sont morts et 122 autres, ainsi que 151 membres des forces de l'ordre, ont été blessés, dans diverses villes, selon un bilan officiel.

Ivan Duque, 43 ans, au pouvoir depuis août 2018, pâtit d'un taux d'impopularité de 69 % selon les sondages.

La mobilisation en Colombie, pays aux inégalités criantes, intervient dans un climat agité en Amérique latine avec des crises également en Équateur, au Chili et en Bolivie.

 

Un commissariat à Santander de Quilichao, en Colombie, a été la cible vendredi d’un attentat perpétré avec des bonbonnes de gaz. Trois policiers ont été tués et sept autres blessés dans l’attaque.

Le secrétaire de la mairie, Jaime Asprilla, a écarté l'hypothèse que cette attaque, survenue vers 21 heures locales (2 h GMT), ait un lien avec l'actuel mouvement de protestation contre le président Ivan Duque. Il l'a attribuée aux groupes armés qui opèrent dans le département du Cauca, région stratégique du trafic de marijuana et de cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial.

Le chef de l'État a condamné sur Twitter ce "lâche attentat terroriste", en ordonnant à "la force publique d'identifier les responsables" et en exprimant sa solidarité envers les "proches de ces héros".

Des dissidents de l'ex-guérilla Farc, qui ont rejeté l'accord de paix de 2016, ainsi que l'Armée de libération nationale (ELN), dernière rébellion du pays, et des gangs de narcotrafiquants se disputent le contrôle du Cauca, qui compte de vastes narcoplantations et d'où partent d'importantes cargaisons de drogue vers les tats-Unis par l'océan Pacifique.

Cette région a été l'épicentre des assassinats récents de leaders communautaires indigènes et de défenseurs des droits.

Avec AFP

 

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