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Au Quai Branly, les forgerons africains et le fer, métal précieux

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Paris (AFP)

Forgeron, métier dangereux et essentiel, don quasi-divin conférant puissance et prestige: c'est à cette réalité culturelle et économique de l'Afrique qu'introduit une passionnante exposition-enquête au Quai Branly à Paris, révélant d'inattendus usages du fer.

Forgeron lui-même, le sculpteur américain Tom Joyce en a assuré le commissariat. Sa connaissance physique des métiers du fer donne à l’exposition "Frapper le fer, l’art des forgerons africains" une intensité à la fois ethnographique et artistique.

"Le fer était considéré comme de plus grande valeur que l'or ou l'argent en raison de son utilité dans la société", a-t-il souligné à l'AFP.

229 pièces, dont les plus anciennes remontent au 17e siècle, sont présentées, venues de plus de quinze pays, de collections publiques et privées, sélectionnées parmi 7.000 provenant de 196 collections.

C'est il y a 2.500 ans que le travail du fer fait son apparition sur le continent africain, selon le chercheur américain. Il souligne, contrairement à une idée largement répandue, que ce ne sont pas seulement les Hittites qui ont été précurseurs dans ce domaine.

Soufflets et marteaux en basalte permettent de forger le fer chauffé à blanc plus rapidement: des techniques très avancées, plus efficaces que celles employées en Occident, ont été utilisées très tôt et le sont encore pour modeler ce métal.

"Les visiteurs de l'exposition doivent voir ces objets comme partie d'une histoire vivante et non du passé", souligne Tom Joyce, que l'on voit, sur des supports vidéos, aux côtés de forgerons qu'il a rencontrés par dizaines.

La plus petite pièce de métal inclue dans un objet rituel, une sculpture ou un instrument de musique, était censée lui donner une force accrue. Des pièces en fer devenaient des amulettes portées par les femmes avant d'accoucher. "Accoucher représentait le même courage que manier les matières dangereuses utilisées par le forgeron", relève le commissaire.

Des objets en fer servaient aussi de monnaies d'échanges et étaient offerts pour des cérémonies de mariage et toutes sortes de rituels de passage, funéraires ou autres.

Les forgerons africains transformaient aussi le minerai de fer en objets d’émancipation et d’expressivité artistique.

En témoigne une fine statue d'origine Luba (RDC) qui représente une femme avec une langue immense comme une lame : manière de signifier qu'"une parole sage est comme un instrument acéré", souligne Tom Joyce.

Pour le président du Musée, Stéphane Martin, "le travail du fer, art millénaire rejouant la fureur des terres, compte en Afrique parmi les plus prestigieux et les plus raffinés. Parmi les plus organiques aussi, les plus physiologiques, tant y battent le pouls des sociétés, le rythme de leurs échanges, l’effort de leurs rituels"

--Frapper le fer, jusqu'au 26 mars - Musée du Quai Branly- Jacques Chirac

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