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Le Parlement bolivien donne son feu vert à de nouvelles élections sans Evo Morales

La présidente par intérim de Bolivie, Jeanine Añez, participe à une réunion avec les organisations sociales, au palais présidentiel de La Paz, le 23 novembre 2019.
La présidente par intérim de Bolivie, Jeanine Añez, participe à une réunion avec les organisations sociales, au palais présidentiel de La Paz, le 23 novembre 2019. Manuel Claure, Reuters

Les députés boliviens ont donné samedi leur accord à l'organisation de nouvelles élections présidentielle et législatives sans l’ancien président. Le texte approuvé par le Parlement ferme la porte à une nouvelle candidature d'Evo Morales, qui a déjà exercé trois mandats. 

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Le Parlement bolivien a approuvé samedi 23 novembre un projet de loi prévoyant l’organisation d’élections présidentielle et législatives sans l'ancien président Evo Morales. Le texte doit maintenant être promulgué par la présidente par intérim Jeanine Añez pour avoir force de loi.

Dans le même temps, le gouvernement provisoire a ouvert un "dialogue" afin de tenter de pacifier la Bolivie, où 32 personnes ont trouvé la mort dans des violences depuis la présidentielle du 20 octobre.

L'ancien président Evo Morales s'était alors proclamé vainqueur, mais l'opposition avait crié à la "fraude". Après plusieurs semaines de manifestations et son lâchage par l'armée, le président en place depuis 2006 avait annoncé sa démission le 10 novembre. Depuis, ses partisans manifestent quasi quotidiennement à La Paz et dans d'autres villes pour exiger le départ de Jeanine Añez.

Le texte approuvé par le Parlement prévoit notamment l'annulation du scrutin du 20 octobre. Dans le même temps, il interdit à toute personne ayant exercé deux mandats électifs de suite de se présenter à un troisième, fermant ainsi la porte à une nouvelle candidature d'Evo Morales qui a déjà exercé trois mandats.

Le propre parti d'Evo Morales, le MAS (Mouvement vers le socialisme), qui dispose de la majorité au Parlement, a voté en faveur du projet de loi, mettant ainsi en évidence ses divisions concernant l'ancien président. Depuis son exil mexicain, ce dernier ne s'était pas exprimé samedi sur ce texte.

"Pacifier" la Bolivie

En prenant les rênes de la Bolivie le 12 novembre, Jeanine Añez, une ancienne sénatrice de droite, a promis l'organisation de nouvelles élections pour "pacifier" la Bolivie, qui vit sa pire crise en près de vingt ans.

Depuis un peu plus d'une semaine, des partisans d'Evo Morales réclamant le départ de Jeanine Añez bloquent les routes reliant La Paz aux régions agricoles du centre de la Bolivie.

La capitale administrative souffre de graves pénuries alimentaires et les habitants de Santa Cruz, le grenier de la Bolivie situé dans les plaines du centre, se pressent à l'aéroport pour envoyer des vivres à leurs proches de La Paz.

Evo Morales est parti en exil après quasiment 14 années à la tête du pays andin. Lui et ses partisans estiment qu'il a été victime d'un "coup d'État".

De son côté, le gouvernement provisoire de Jeanine Añez accuse Evo Morales d'attiser le conflit depuis le Mexique. Le ministre de l'Intérieur, Arturo Murillo, a annoncé vendredi avoir déposé plainte contre lui pour "sédition et terrorisme", affirmant qu'il a appelé ses partisans à "encercler" les villes pour accentuer les blocages. Le parquet a ouvert une enquête.

Avec AFP

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