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Les nouvelles élections en Bolivie, un compromis pour sortir de la crise

La présidente par intérim de la Bolivie, Jeanine Añez, et la présidente du Sénat, Eva Copa (MAS, parti de l'ex-président Evo Morales) présentent la loi portant sur l'organisation de nouvelles élections en Bolivie.
La présidente par intérim de la Bolivie, Jeanine Añez, et la présidente du Sénat, Eva Copa (MAS, parti de l'ex-président Evo Morales) présentent la loi portant sur l'organisation de nouvelles élections en Bolivie. David Mercado, Reuters

À l'unanimité, le Parlement bolivien a adopté samedi un texte permettant l'organisation de nouvelles élections. Une décision très attendue par les Boliviens après deux semaines de violences et de chaos consécutifs à la démission forcée d'Evo Morales.

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Après plusieurs jours de tractations, les parlementaires du MAS, le parti de l'ex-président Evo Morales, et le gouvernement intérimaire de Jeanine Añez, qui représente différents courants de la droite bolivienne, sont parvenus, samedi 24 novembre, à un compromis.

Le texte approuvé par le Parlement et promulgué par la présidente intérimaire prévoit l'annulation du scrutin du 20 octobre et interdit à Evo Morales, qui a déjà exercé trois mandats, de participer aux prochaines élections, qui doivent être organisé d'ici 120 jours.

Cette loi prévoit également les modalités de nomination d'ici 20 jours d'une nouvelle autorité électorale composée de six membres élus pour six ans et devant comprendre au moins trois femmes et deux indigènes. Celle-ci sera chargée d'approuver les listes électorales, de valider les candidatures et de s'assurer du bon déroulement du vote.

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Après deux semaines de violences qui ont fait plus de 30 morts dans le pays et de blocage des accès aux grandes villes, cet accord permet une sortie institutionnelle à la crise politique et éloigne les menaces de guerre civile qui pesaient sur le pays, après les affrontements entre partisans de l'ex-président et les forces de police appuyées par l'armée.

Une victoire de l'aile modérée du MAS ?

Ce compromis signe aussi une rupture entre le MAS (Mouvement vers le socialisme) et son dirigeant historique, Evo Morales, qui n'a pas réagi à l'adoption de cette loi depuis son exil au Mexique.

En s'accordant avec un gouvernement intérimaire que l'ex-président qualifie de putschiste, l'aile modérée du MAS a signifié qu'elle veut concourir aux prochaines élections, même sans la figure tutélaire du mouvement. Une aile qui est incarnée par la nouvelle présidente du Sénat, Eva Copa, 30 ans, élue d'El Alto.

Cet accord permet sans doute au parti de préserver ses très nombreux élus locaux et responsables politiques, dont certains ont été arrêtés ces derniers jours sur ordre du procureur général.

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Au cours des débats, l'aile "dure" du MAS a réclamé qu'une amnistie soit accordée à l'ex-président Evo Morales et à l'ancien vice-président Alvaro Garcia Linera. Cette disposition a été immédiatement refusée par la présidente de fait, Jeanine Añez, qui accuse le tandem au pouvoir pendant 13 ans de "terrorisme" et de "menées subversives".

Une décision qui conforte Carlos Mesa et Luis Fernando Camacho

Espérée par de nombreux Boliviens, l'organisation de nouvelles élections est donc le fruit d'un compromis entre plusieurs forces politiques. L'accord évite que le gouvernement intérimaire contesté convoque les élections par décret.

La tenue d'un nouveau scrutin était réclamée par Carlos Mesa, le candidat d'opposition qui a réuni au moins 35 % des voix lors des élections d'octobre. Et aussi par Luis Fernando Camacho, le leader des Comités civiques de Santa Cruz et tombeur d'Evo Morales, bible à la main.

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