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L'hôpital psy de Rouen "indigne", des enfants victimes

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Caen (AFP)

Des "dysfonctionnements graves" et des conditions d'accueil "indignes", concernant notamment des enfants, ont été constatés à l'hôpital psychiatrique de la métropole de Rouen, a annoncé mardi le contrôleur général des lieux de privations de liberté (CGLPL) qui a lancé une procédure d'urgence.

"Des incidents graves sont rapportés au sein des unités d'hospitalisation pour adultes, dont des adolescents seraient victimes, constitués de propos et gestes violents de la part de patients adultes, parfois de nature sexuelle, parfois relatifs à la consommation de produits stupéfiants", relève le CGLPL Adeline Hazan dans un communiqué qui fait suite à une visite des lieux du 7 au 18 octobre.

Dans cet hôpital dit du Rouvray et situé à Sotteville-les-Rouen, "les mineurs de plus de seize ans, mais parfois des enfants dès douze ans, sont hospitalisés de façon (...) attentatoire à leurs droits dans les unités pour adultes", souligne le contrôleur.

"C'est rarissime que le contrôleur émette des recommandations d'urgence pour un hôpital", a réagi Claire Prévost du syndicat Sud du Rouvray, interrogée par un correspondant de l'AFP.

En mars 2018 Adeline Hazan en avait annoncées pour la psychiatrie du CHU de Saint-Étienne (294 lits), après y avoir dénoncé des "conditions indignes" d'accueil. Mais le tableau dressé au Rouvray (475 lits, hors locaux pour patients détenus) est encore plus sombre.

Le haut fonctionnaire y constate également des "conditions d’hébergement dégradées et aggravées par la sur occupation des unités" avec des locaux qui "présentent des niveaux d’indignité variés".

Parmi la très longue liste d'exemples l'illustrant, "des chambres de 8 m2 dans une unité sont particulièrement exigües. Sauf rares exceptions, les portes des chambres sont percées d’un large fenestron portant atteinte à l'intimité des patients lesquels, en revanche, ne disposent d'aucun moyen pour faire appel au personnel soignant", précise le contrôleur.

"La présence de seaux hygiéniques a été constatée dans des chambres d’hospitalisation à l’occasion de +temps calmes+ imposés au patient (...). Les lunettes sont majoritairement absentes des cuvettes de WC" parfois collectifs, ajoute le haut fonctionnaire.

Avec la sur occupation des unités (101,3 % en moyenne en 2018, 107,7 % le 3 octobre 2019) "il n’est pas rare qu’un lit soit installé dans un bureau ou dans le salon de visites des familles, ou qu’un patient soit maintenu en chambre d'isolement", poursuit-il.

Le contrôleur a également relevé "des atteintes à la liberté d’aller et venir de l’ensemble des patients, se répercutant sur la qualité des soins", "des mesures d’isolement (...) portant gravement atteinte à la dignité humaine".

Tous ces problèmes sont "susceptibles de constituer un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme", précise le CGLPL.

La direction de l'hôpital a promis mardi dans un communiqué de "présenter les premières mesures d'urgence aux instances de l'établissement en décembre".

"Dans le dernier plan d'urgence pour l'hôpital, rien ne concerne la psychiatrie", a commenté Jean-Yves Herment, délégué CFDT du Rouvray lors d'une conférence de presse mardi.

Selon l'ARS, le Rouvray est le troisième hôpital psychiatrique de France en nombre de patients.

Selon la CFDT, l'hôpital emploie 2.000 agents dont 1.380 soignants.

En 2018, huit salariés de cet établissement avaient suivi une grève de la faim afin de dénoncer un manque d'effectif préjudiciable aux patients. L'hôpital est à nouveau en grève depuis le 19 septembre.

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