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La littérature jeunesse, secteur en pointe de l'édition, invite à ralentir

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Paris (AFP)

Grand rendez-vous annuel de la littérature et de la presse jeunesse, le Salon de Montreuil (Seine-Saint-Denis) ouvre ses portes de mercredi à lundi sur le thème de l'éloge de la lenteur.

"En faisant l'éloge de la lenteur, le Salon entend laisser du temps à l'enfance (...) Le temps qu'exige l'aventure de la lecture, de la littérature et des arts", explique Sylvie Vassalo directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse (SLPJ).

Ouvert à tous, le Salon est avant tout destiné aux enfants (notamment à ceux des "quartiers prioritaires" de Seine-Saint-Denis).

Quelque 250 auteurs et illustrateurs dont l'illustrateur Gilles Bachelet, premier lauréat de la Grande Ourse, récompensant l’œuvre d'un auteur ou illustrateur francophone pour la jeunesse, seront présents à Montreuil.

Au total, 450 exposants français et étrangers participeront à l'événement. L'île de La Réunion, avec plusieurs éditeurs et auteurs locaux, est la grande invitée du Salon.

Le programme complet est disponible sur le site slpjplus.fr.

Dans un marché de l'édition à la peine, le secteur du livre jeunesse (qui avait accusé un léger repli en 2017) a retrouvé sa vitalité l'an dernier avec une hausse des ventes de 2,1% en valeur et 3,3% en volume par rapport à 2017, a relevé le mois dernier une étude du Syndicat national de l'édition (SNE) à l'occasion de la 2e édition des Assises de la littérature jeunesse.

- Dynamique mais fragile -

Les trois secteurs les plus solides de l'édition papier sont la bande dessinée, les livres pratiques et la littérature jeunesse. Et cette vitalité (due à la poussée du livre documentaire et des livres pour la petite enfance) attire: entre 2008 et 2018, le nombre d’éditeurs référencés en jeunesse a doublé.

A l'international, le livre jeunesse "made in France" fait un carton. En 2018, près de 4.000 titres ont été cédés à des éditeurs étrangers, notamment chinois.

Tout va bien donc? Pas vraiment. La vitalité du secteur fragilise paradoxalement auteurs et éditeurs, et encombre les librairies.

La surproduction et la situation des auteurs et illustrateurs, toujours moins rémunérés que leurs collègues de littérature adulte, sont devenues des sujets cruciaux.

"Nous avons conscience du malaise des auteurs jeunesse que nous nous attachons à comprendre et à traiter", soulignait lors des Assises Nicolas Georges, directeur du livre et de la lecture au ministère de la Culture.

Plus de 18.000 titres de littérature jeunesse (sans compter la BD!) ont été publiés l'an dernier. "Une production pléthorique", juge Sylvie Vassalo. Plus de 108 millions d'exemplaires jeunesse ont été produits, moins de 85 millions se sont vendus.

Cette surproduction de titres est "un problème et participe à la paupérisation des auteurs jeunesse", reconnaît la directrice du SLPJ.

L'ancien président de la Bibliothèque nationale de France (BnF), Bruno Racine, missionné en avril par Franck Riester, devrait remettre fin novembre son rapport sur les conditions économiques et sociales des créateurs.

En attendant, le SLPJ lance, à l'occasion du Salon, un site internet baptisé Kibookin.fr dont l'ambition est d'aider les lecteurs à "ne manquer aucune +bonne lecture+" parmi les milliers de titres disponibles.

Car, alors que les titres se multiplient, le Top 10 des ventes en 2018, incluaient six tomes de "Harry Potter" de la Britannique J.K. Rolling!

Les quatre autres titres étaient le "classique" "Vendredi ou la vie sauvage" de Michel Tournier (4e), "La rivière à l’envers" de Jean-Claude Mourlevat (6e), un livre au programme des collèges, l'indémodable "Petit prince" d'Antoine de Saint Exupéry (7e) et le premier volume de "Goal!", inspiré de l’enfance du footballeur Antoine Griezmann (8e).

Pour aider ceux qui cherchent le meilleur de la littérature jeunesse, le Salon décernera dès mercredi soir ses "Pépites", récompenses censées mettre en avant les meilleurs livres de littérature jeunesse dans les catégories livre illustré, bande dessinée, fiction ados et, pour la première fois cette année, fiction junior.

La convoitée "Pépite d'or" viendra sacrer le meilleur titre de l'année parmi les 24 en compétition.

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