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Au Liban, les manifestants déterminés malgré plusieurs attaques des pro-Hezbollah

Un partisan des groupes chiites libanais Hezbollah et Amal jette des pierres lors d'affrontements avec des manifestants antigouvernementaux à Beyrouth, le 25 novembre 2019.
Un partisan des groupes chiites libanais Hezbollah et Amal jette des pierres lors d'affrontements avec des manifestants antigouvernementaux à Beyrouth, le 25 novembre 2019. Mohamed Azakir, Reuters

Des incidents ont émaillé, lundi soir, des rassemblements organisés par des protestataires, déterminés à rester mobilisés contre la classe politique, malgré de violentes attaques des partisans du Hezbollah et d'Amal.

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Le soulèvement populaire inédit se poursuit au Liban, malgré des incidents lundi 25 novembre, dans la soirée. Les contestataires restent déterminés à faire tomber une classe dirigeante jugée corrompue, bien qu'ils aient été visés par de violentes attaques de partisans des partis chiites Hezbollah et Amal, à Beyrouth et à Tyr, dans le Sud.

Ces derniers se sont de nouveau approchés en moto de la place des Martyrs, épicentre de la contestation dans la capitale gardée par la police, et ont lancé des cailloux sur des tentes de manifestants en scandant "Chiite, chiite" avant de s'éloigner, a constaté un correspondant de l'AFP.

Plus tard, des coups de feu ont été entendus dans le quartier beyrouthin de Cola, au passage d'un convoi de motos, ont rapporté des télévisions locales. Le secteur a été fermé à la circulation par les forces de sécurité qui se sont déployées, selon l'agence d'information nationale ANI.

Dans un autre quartier, l'armée s'est déployée pour séparer les partisans des deux partis chiites et ceux du Courant du Futur, du Premier ministre démissionnaire Saad Hariri, d'après ANI. Le parti a appelé ses partisans à éviter tout rassemblement.

À Tyr, la grande ville du Sud et bastion du Hezbollah et d'Amal, des assaillants ont incendié des tentes de la contestation sur une place (tweet ci-dessous), malgré la présence de l’armée libanaise.

Auparavant, le Conseil de sécurité de l'ONU avait appelé à "respecter le droit à protester en se rassemblant pacifiquement". Les membres du Conseil "demandent à tous les acteurs de mener un dialogue national intensif et de maintenir le caractère pacifique des manifestations en évitant la violence et en respectant le droit à protester en se rassemblant pacifiquement", indique cette déclaration approuvée à l'unanimité à l'issue d'une réunion régulière du Conseil sur le Liban.

"Nous faire peur"

Depuis son déclenchement le 17 octobre, des heurts sporadiques ont opposé les manifestants aux partisans d'Amal et du Hezbollah, dont les chefs respectifs Nabih Berri et Hassan Nasrallah sont contestés au même titre que l'ensemble de la classe dirigeante. Mais les heurts qui ont eu lieu tard dans la nuit de dimanche étaient inédits de par leur ampleur, obligeant l'armée à s'interposer pour calmer la situation.

Avant l'aube et scandant des slogans à la gloire de Hassan Nasrallah et de Nabih Berri, président du Parlement depuis 1992, leurs partisans ont caillassé des manifestants bloquant un pont surplombant le centre-ville de Beyrouth. Ils ont ensuite pris d'assaut la place des Martyrs proche et détruit des tentes. Les forces de sécurité ont été critiquées par les contestataires pour leur manque de réactivité.

"Ils veulent nous faire peur pour nous empêcher de continuer", lâche en allusion aux assaillants Danny Ayyache, qui a bloqué lundi matin avec d'autres manifestants une entrée d'un quartier de Beyrouth avant d'être dispersés. "Cela ne fait que renforcer notre détermination".

"Pourquoi personne n'arrête ces agressions?", déplore Sélim Mourad, enseignant de 31 ans, délogé d'une route qu'il bloquait. "Les forces de l'ordre sont capables de les stopper".

Neuf personnes ont été interpellées au nord de Beyrouth pour des routes bloquées avant d'être libérées en soirée. D'autres axes ont été bloqués à Tripoli (nord) et dans la Békaa (est).

 

 

Dans la soirée, des centaines de partisans du Hezbollah et d'Amal ont manifesté dans la banlieue sud de Beyrouth, pour dénoncer un accident ayant tué à l'aube un homme et une femme dont la voiture a percuté une barrière sur la route installée, selon les deux formations chiites, par des manifestants antigouvernementaux.

Les manifestants ont nié, publiant sur les réseaux sociaux une carte montrant les positions de leurs barrages routiers.

Avec AFP



 

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