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Magné, licencié du Centre mondial du cyclisme, se défend sur tous les points

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Paris (AFP)

"On m'a assommé": Frédéric Magné, licencié avec fracas de son poste de directeur du Centre mondial du cyclisme (CMC), rejette mardi auprès de l'AFP l'ensemble des accusations - discrimination allant jusqu'au racisme, harcèlement et abus de bien social - qu'il estime "totalement injustifiées".

"J'ai le sentiment qu'il s'agit d'une machination et que quelques personnes veulent me nuire", se défend l'ancien champion sur piste qui s'est expliqué point par point, mardi, sur les trois domaines du dossier d'accusation révélé le 4 novembre par l'AFP et nourri par une vingtaine de témoignages, tous anonymes, d'anciens athlètes et employés.

Frédéric Magné, 50 ans, a été licencié par l'Union cyclisme internationale (UCI) qui a déclaré le 5 novembre avoir recueilli des éléments "sérieux".

L'ancien coureur réfute notamment toute discrimination envers certains athlètes comme il en a été accusé. "Je travaille depuis vingt ans avec le monde entier", rappelle à l'AFP le Français, à l'oeuvre au début des années 2000 lors de la création à Aigle (Suisse) du CMC qui a pour vocation d'aider les jeunes coureurs issus de pays moins développés dans le cyclisme. "J'ai fait attention à ce que toutes les cultures, tous les continents, soient représentés et, à aucun moment, je n'ai fait de discrimination".

"Outré" par l'accusation de racisme, l'ancien champion insiste: "Je parle de différentes cultures, de différentes couleurs de peau, de différents continents. Je me suis toujours efforcé de vraiment prendre soin des athlètes qui étaient chez nous. C'était l'essence même de ma mission."

- Le soutien des athlètes noirs ou métis -

Sur ce point, Magné a reçu des soutiens de la part de ses anciens athlètes noirs ou métis. "Jamais, il n'a eu un geste, une phrase, une attitude qui aurait pu laisser penser qu'il était raciste", a résumé l'Erythréen Merhawi Kudus (Astana), sur la même ligne que Natnael Berhane (Cofidis) ou encore la sprinteuse cubaine Lisandra Guerra, tous cités par le journal L'Equipe dans une enquête parue samedi dernier.

A propos de la religion musulmane, Magné tient à détailler: "Avec le racisme, c'est le volet des accusations qui me fait le plus mal. On m'a accusé sur la nourriture alors que je me suis mis en quatre pour qu'on puisse acheter pour les musulmans de la nourriture en France qu'on ne pouvait pas avoir en Suisse. Quand l'équipe du Qatar est venue en plein ramadan, j'ai décalé les entraînements, contre l'avis de certains entraîneurs, pour que les athlètes s'entraînent en fin de journée".

Interrogé sur les allégations de harcèlement, Magné, à la tête du CMC depuis 2009 sous trois présidents différents de l'UCI, réplique: "Je pense que j'étais un patron exigeant et entier. J'ai toujours horreur de l'injustice. Ce n'est un secret pour personne que je suis un sanguin. Je me suis peut-être emporté, j'ai pu blesser des gens."

"D'après ce qu'on a lu dans la campagne de calomnie parue dans la presse", admet-il, des personnes avaient manifestement un problème avec moi et ça, je ne m'en suis pas rendu compte".

- "Un patron dur" -

Il concède être "un patron dur". "Mais extrêmement humain et juste", ajoute-t-il en rappelant la réussite sportive du CMC: "Il ne faut pas se voiler la face, quand on forme des athlètes de haut niveau, c'est exigeant. Un athlète qui n'avait pas le niveau pour rester au CMC, il était de mon devoir de ne pas le garder mais de l'orienter dans nos autres structures d'accueil. Par rapport à l'institution que je représentais, je préfère donner sa chance à un autre athlète, c'est la base même de mon travail."

Quant aux employés du CMC, sur lesquels il aurait exercé un abus de pouvoir, Magné répond: "C'est une plaisanterie. Un mécanicien du CMC est venu chez moi en dehors de ses horaires de travail. Mais, preuve à l'appui, il était rémunéré, comme on peut rémunérer n'importe qui. On a aussi dit que des employés allaient chercher mes enfants à l'école, c'était en effet un de mes collaborateurs, mais un ami proche, qui est allé chercher ma fille quatre ou cinq fois alors que j'étais bloqué en réunion."

L'ancien champion réfute également l'accusation portant sur des cadeaux, des vélos du CMC: "Les vélos n'ont jamais été offerts, tout a été facturé. Le seul cadeau, sous l'aval du président du CMC, c'est pour Brian Cookson (président de l'UCI de 2013 à 2017) qui a eu un vélo de piste cette année pour faire les championnats du monde masters."

"Quand j'entends parler de terreur, de représailles, je suis stupéfait, conclut-il. S'il y a un tel comportement d'un directeur général, on ne met pas dix ans à s'en rendre compte. Depuis dix ans, mes évaluations sont irréprochables".

Le 5 novembre, l'UCI a déclaré avoir recueilli des informations et témoignages "faisant état de faits sérieux" à l'origine du licenciement de Magné et annoncé la mise en place de "nouvelles mesures garantissant le bien-être des employés et des stagiaires" du CMC.

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