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S'éloignant un peu plus de l'ère Morales, la Bolivie nomme un ambassadeur à Washington

La présidente par intérim de la Bolivie, Jeanine Anez, le 24 novembre 2019, à La Paz.
La présidente par intérim de la Bolivie, Jeanine Anez, le 24 novembre 2019, à La Paz. REUTERS - DAVID MERCADO

Après onze années de quasi-rupture diplomatique entre La Paz et Washington, la présidente par intérim de la Bolivie, Jeanine Añez, a nommé mardi un ambassadeur aux États-Unis, prenant une nouvelle fois ses distances avec la diplomatie de son prédécesseur, Evo Morales.

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La Bolivie a nommé un ambassadeur aux États-Unis, mardi 26 novembre, pour la première fois depuis onze ans, une rupture dans la politique étrangère du pays andin après le départ de l'ancien président socialiste Evo Morales.

La ministre des Affaires étrangères du gouvernement intérimaire, Karen Longaric, a indiqué avoir "désigné le nouvel ambassadeur (...) auprès du gouvernement des États-Unis, Walter Oscar Serrate", qui a auparavant représenté la Bolivie aux Nations unies.

Cette nomination doit toutefois encore être approuvée par le Sénat, où les représentants du Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti de l'ex-président, sont majoritaires.


Evo Morales, arrivé au pouvoir en 2006 et qui briguait un quatrième mandat fin octobre, avait expulsé en 2008 l'ambassadeur américain Philip Goldberg au plus fort d'une crise diplomatique avec Washington.

>> À lire : En Bolivie, les inconnues de l’après-Morales

Le chef de l'État accusait le diplomate de soutenir les manifestations antigouvernementales qui avaient éclaté dans cinq des neuf départements du pays, et de promouvoir "la division" de la Bolivie en tenant des réunions avec des gouverneurs d'opposition qui, selon La Paz, soutenaient des plans séparatistes dans l'est.

Washington avait répliqué en expulsant l'ambassadeur bolivien Gustavo Guzman. Depuis lors, les deux ambassades étaient dirigées par des chargés d'affaires.

Une politique étrangère redessinée

Evo Morales, qui a démissionné le 10 novembre au plus fort de la crise post-électorale et s'est depuis réfugié au Mexique, avait privilégié pendant sa présidence les relations avec l'Iran, la Chine, la Russie, Cuba et le Venezuela.

Rapidement reconnue par Washington comme présidente par intérim, la sénatrice de droite Jeanine Añez, 52 ans, a immédiatement redessiné la politique étrangère du pays andin. Sa première décision en la matière a été de reconnaître l'opposant vénézuélien Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela, à l'instar d'une cinquantaine de pays, États-Unis en tête.

Le nouveau gouvernement a également démis tous ses ambassadeurs, nommés sous la présidence Morales, à l'exception de ses représentants au Pérou et au Vatican. Les diplomates vénézuéliens ont également été renvoyés.

Les manifestations pro-Morales se poursuivent

Alors que la situation semblait se normaliser progressivement en Bolivie après un mois de crise, les partisans d'Evo Morales les plus radicaux ont continué de manifester mardi dans le Chapare, le fief de l'ex-président, en bloquant des routes.

Ce groupe de paysans, qui continuent de reconnaître comme chef de l'État leur "frère Evo", sont "un secteur radical auquel il sera difficile de faire comprendre qu'ils doivent suspendre" le mouvement, a déclaré à des journalistes Andronico Rodriguez, 29 ans, le vice-président du syndicat des producteurs de coca.

La sénatrice de droite Jeanine Añez, qui a fait annuler le scrutin présidentiel de fin octobre, a promulgué dimanche une loi convoquant de nouvelles élections présidentielle et législatives censées pacifier le pays andin. Evo Morales ne pourra pas se représenter.

Avec AFP

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