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Nord: la société Tim mise en liquidation, 304 emplois supprimés

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Tourcoing (AFP)

Quelque 300 salariés sur le carreau "pour les fêtes": le tribunal de commerce de Lille a prononcé mercredi la liquidation du fabricant de cabines d'engins de chantier Tim, basé à Quaëdypre (Nord), dont les difficultés sont attribuées à la gestion de l'homme d'affaires bulgare Fil Filipov et au manque de soutien du gouvernement.

L'entreprise, qui connaissait d'importantes difficultés financières, avait été placée en redressement judiciaire fin août. Elle avait déjà échappé une première fois à la liquidation en juillet 2017, avant sa reprise par la société allemande d'engins de chantier Atlas GMBH, contrôlée par l'homme d'affaires bulgare Fil Filipov.

"Il y a 300 familles qui vont se retrouver au chômage à l'approche des fêtes de fin d'année, c'est bien dommage, tout le monde y a mis du sien, sauf une personne, M. Filipov. Une plainte a été déposée, des gens auront des comptes à rendre", a lancé à l'issue de l'audience Olivier Crespin, délégué CGT.

"Il y a eu des prêts octroyés par la région, et des clients, il y avait tout pour réussir, mais il a tout foutu en l'air. Donc, maintenant, j'espère que, civilement, il va payer et que pour les 304 salariés, il y aura un suivi, qu'ils ne partiront pas les mains vides, parce que c'est honteux de voir ça, honteux!", a encore lâché M. Crespin, pendant que M. Filipov, quittant l'audience, glissait simplement: "bien sûr" que c'est un échec.

Même colère chez Franck Demeester, élu CFDT, mais lecture différente des raisons de cet échec: "Ce qui n'a pas fonctionné, c'est certainement les clients et le manque d'implication des personnes qui avaient fait des promesses. C'est un échec pour tout le monde, parce que tout le monde y croyait, il y a deux ans on pensait rebondir et finir notre carrière chez Tim".

"C'est incompréhensible, Bercy, et Monsieur Griveaux sont allés chercher quelqu'un, l'ont supplié de reprendre l'entreprise, il a fait le job et derrière on le laisse tomber. On ne comprend pas pourquoi Bercy nous a dit que l'argent était versé, et que derrière l'argent n'est pas arrivé. Donc il y a quelqu'un qui ment", a-t-il encore dénoncé, alors que la secrétaire d'Etat à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher affirmait encore lundi avoir "débloqué" le prêt de 2 millions d'euros promis en 2017.

- Perte de clients -

"Le sujet, c'est le repreneur qui n'a pas tenu ses engagements", avait-elle appuyé.

Anticipant la décision du tribunal, Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, qui avait apporté un prêt de 3,5 millions d'euros, avait affirmé lundi que ses services travaillaient à "trouver un repreneur et de l'activité après liquidation".

Un temps pressentie, la société Sépode, basée en Normandie, qui avait envisagé une reprise du site et de l'activité, ainsi que de 40 salariés, avait finalement retiré son offre.

La reprise de Tim était notamment soumise à des conditions suspensives, environnementales ou sécuritaire. Or, d'après des responsables syndicaux, les conditions de travail étaient "archaïques".

Autre raison: selon une source proche du dossier, le carnet de commandes n'a cessé "de se détériorer dans des proportions sidérantes", de sorte que "la plupart des clients" étaient "partis ou en voie de partir", à l'image du principal, le géant américain Caterpillar.

Tim ne "peut plus répondre aux demandes de paiement et les fonds supplémentaires ne sont pas disponibles", avait expliqué aux salariés M. Filipov en août lors du redressement judiciaire.

Dans ce dossier, dix salariés, représentants CGT et FO, ont également déposé une plainte contre X le 20 novembre pour escroquerie visant l'opération de reprise menée en 2017.

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