Accéder au contenu principal

Des pluies diluviennes en RD Congo font des dizaines de morts

Des habitants se tiennent à proximité d'un glissement de terrain, le 26 novembre 2019, près de l'université de Kinshasa en RD Congo.
Des habitants se tiennent à proximité d'un glissement de terrain, le 26 novembre 2019, près de l'université de Kinshasa en RD Congo. Kenny Katombe, Reuters

Des pluies diluviennes ont provoqué mardi la mort d'au moins 41 personnes à Kinshasa, la plupart dans les quartiers populaires de la capitale de la RD Congo. Selon le vice-gouverneur de la ville, "80 % des dégâts sont causés par des constructions anarchiques".

Publicité

Au moins 41 personnes sont mortes, mardi 26 novembre, à Kinshasa, en République démocratique du Congo, victimes de pluies diluviennes qui ont provoqué dans la nuit de lundi à mardi inondations, glissements de terrains et électrocutions, dans une capitale où les autorités congolaises peinent à combattre l'"urbanisme de la pauvreté".

"Les dégâts matériels et humains sont vraiment énormes" et le bilan est encore "provisoire", a déclaré à l'AFP le vice-gouverneur de la ville, Neron Mbungu, qui a précisé que "80 % des dégâts sont causés par des constructions anarchiques". Parmi les victimes, figure notamment "un enfant qui s'est électrocuté".

Les quartiers populaires, principalement sur les hauteurs de Kinshasa (Kisenso, Lemba, Mont-Ngafula), ont été les plus touchés. Une quinzaine de personnes sont mortes dans celui de Lemba, le plus affecté par ces fortes pluies, selon le bilan provisoire.

Lemba a subi une série "d'érosions et d'éboulements" de terrains "qui ont englouti" les maisons, a indiqué à la radio Top Congo son bourgmestre (maire), Jean Nsaka.

"Les gens sont têtus et ne respectent pas les normes de construction"

Un spectaculaire effondrement de terrain y a coupé en deux la route qui monte vers le campus universitaire, a constaté une journaliste de l'AFP. Le trou présente une profondeur d'une dizaine de mètres sur une vingtaine de large.

"Le collecteur n'a pas pu supporter le volume des eaux et il a cédé, ce qui a entraîné la coupure de la route", a expliqué sur place aux journalistes le maire du quartier.

En d'autres endroits de la capitale, deux ponts se sont effondrés, selon le vice-gouverneur. "Les gens sont têtus et ne respectent pas les normes de construction. Même si l'État dit qu'il ne faut pas construire, ils construisent. Voilà maintenant les conséquences", a-t-il déploré.

La pluie a provoqué des dégâts ailleurs en RD Congo, immense pays touché par une "pauvreté généralisée" selon le Fonds monétaire international (FMI). Sept autres personnes ont été tuées dans la province du Sud-Kivu. "Les unes ont été emportées par les eaux et les autres sont mortes suite aux éboulements", selon un élu local, Seth Enga.

"Urbanisme de la pauvreté"

En cette saison des pluies, des milliers de personnes ont été sinistrées par les inondations depuis fin octobre dans les provinces du nord-ouest (Sud et Nord-Ubangi, Équateur), arrosées par le fleuve Congo ou son affluent, la rivière Ubangi.

"Les autorités locales ont enregistré dix morts dans la province du Nord-Ubangi", avait indiqué samedi un porte-parole de l'ONG chrétienne Caritas, qui ajoutait que 180 000 personnes avaient besoin d'assistance.

Vingt-cinq personnes sont mortes dans la province de l'Équateur, a indiqué un responsable local cité le 23 novembre par le site d'information Actualite.cd.

À Kinshasa, une cinquantaine de personnes avaient été tuées dans des érosions et des effondrements de terrain en janvier 2018, après une nuit de pluies diluviennes. À l'époque, le précédent gouverneur, André Kimbuta, avait affirmé qu'"en vue de prévenir d'autres cas d'inondations", les autorités procéderaient "à la démolition de constructions anarchiques".

Troisième ville la plus peuplée d'Afrique, Kinshasa compte quelque 10 millions d'habitants, avec une population qui a doublé en 20 ans selon les estimations (aucun recensement n'a été réalisé depuis des décennies).

Cette croissance est le fait d'un "urbanisme de la pauvreté", avait déclaré en juillet 2017 au quotidien français Le Monde, Corneille Kanene, ex-directeur de l'agence onusienne Habitat, ajoutant : "Les trois quarts de Kinshasa sont constitués de bidonvilles sans accès à l'eau ni à l'électricité".

Avec AFP

NewsletterNe manquez rien de l'actualité internationale

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.