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Colombie : septième jour de manifestations contre le président Duque, la rue ne faiblit pas

Les Colombiens dans la rue au septième jour du mouvement social d'ampleur contre le président de droite, Ivan, Duque, à Bogota le 27 novembre 2019.
Les Colombiens dans la rue au septième jour du mouvement social d'ampleur contre le président de droite, Ivan, Duque, à Bogota le 27 novembre 2019. Luisa Gonzales, Reuters

Les Colombiens ont participé massivement, mercredi, aux manifestations organisées au septième jour du mouvement social contre le président de droite, Ivan Duque.

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La rue ne faiblit pas, en Colombie. Protestant contre la gestion du président de droite, Ivan Duque, les Colombiens ont participé en masse, mercredi 27 novembre, aux manifestations organisées au septième jour d'un mouvement social inhabituel dans ce pays.

Les leaders de la mobilisation entendent accroître la pression sur le chef de l'État, au pouvoir depuis à peine plus de 15 mois, et avaient également convoqué une nouvelle grève, la deuxième depuis le début de la contestation le 21 novembre.

En début de journée, cet "arrêt national" semblait peu suivi à Bogota, pourtant épicentre du mouvement, le plus important en Colombie depuis les années 1970. Mais les manifestations se sont amplifiées au fil des heures, avec de nombreux jeunes en tête.

Sous surveillance policière, commerces et transports urbains étaient réduits dans la capitale, tandis que des rassemblements s'organisaient ailleurs dans le pays, comme à Medellin et à Cali, deuxième et troisième villes du pays.

Au son des casseroles, les manifestants brandissaient des pancartes, arboraient le drapeau national jaune, bleu et rouge en guise de cape, ou s'étaient déguisés en clowns pour dénoncer les politiques du président colombien. Un "cacerolazo symphonique", mêlant musique classique et chansons, a même été donné par un orchestre sur la place des Hippies, dans le nord de Bogota.         

Force populaire

"Nous avons atteint une force populaire plus vue depuis longtemps en Colombie. Je craignais le premier jour que les gens se découragent, mais je me rends compte à présent que non", s'enthousiasme Manuela Salazar, 22 ans, étudiante en psychologie. "Les gens descendent toujours dans la rue et nous allons continuer."

Bien qu'elle soient majoritairement pacifiques, les manifestations ont toutefois fait, depuis jeudi dernier, quatre morts, environ 500 civils, policiers et militaires blessés, 184 personnes détenues et 60 migrants vénézuéliens expulsés pour "actes de vandalisme".

Cette mobilisation contre le président, au pouvoir depuis août 2018, mais qui pâtit déjà de 69 % d'opinions défavorables, intervient dans une climat de crises socio-politiques, sans dénominateur commun, qui secouent l'Amérique latine.

Ivan Duque, contesté pour sa politique économique libérale, fait aussi les frais d'un mécontentement accumulé au fil des années, dans ce pays parmi les plus inégalitaires d'Amérique latine, mais réduit au silence par une guerre interne de plus d'un demi-siècle.

"La Colombie s'est convertie en une démocratie, où une minorité d'entrepreneurs et de bureaucrates est favorisée, tandis que la grande majorité doit financer leurs privilèges", a dénoncé sur Twitter le syndicat des enseignants, Fecode, l'un des plus actifs.

Éventail de requêtes

Depuis la première grève du 21 novembre, des milliers de personnes protestent quotidiennement, en tapant sur des casseroles, des marmites ou des poêles. Ces "cacerolazos", courants ailleurs dans la région, étaient jusque-là peu usités dans ce pays.

Ivan Duque a lancé dimanche un "dialogue social". Mais il s'est réuni avec des élus avant de rencontrer les leaders du mouvement, ce qui a discrédité son initiative.

"Ce gouvernement est ouvert (...) pour aller de l'avant, mais il faut le faire avec toute la société", a-t-il argué mercredi sur W Radio, réitérant que des revendications étaient issues d'une campagne de désinformation et de "postulats erronés".

Dans la journée, il a également débattu d'éducation avec des étudiants, des parlementaires et des experts. Mais les leaders se sont tenus en marge face à l'insistance du président d'ouvrir le dialogue aux secteurs ne participant pas au mouvement.

Le Comité national de grève, regroupant syndicats, étudiants, professeurs et indigènes, a présenté un éventail de 13 requêtes, lesquelles vont du retrait d'un projet de réforme fiscale, au respect de l'accord de paix de 2016.

Les manifestants réclament aussi la dissolution de l'Escadron mobile anti-troubles (Esmad), responsable de la mort d'un étudiant de 18 ans, Dilan Cruz, devenu le symbole de la mobilisation.

Admettant que les affrontements puissent avoir des "issues fatales", Ivan Duque a défendu ces policiers qui, selon lui, ont évité des "choses pires" face à des "vandales et voyous".

Il a toutefois donné des signes d'assouplissement, annonçant des rectificatifs à son projet fiscal en faveur des 20 % plus pauvres du pays, via le reversement de la TVA, et des bénéfices pour les entreprises embauchant des jeunes de moins de 28 ans.

Avec AFP

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